Le marché du non-marchand

La présente étude prend appui sur deux ouvrages récents, portant sur des objets voisins mais non « juridiques » à proprement parler puisqu’ils relèvent plutôt de l’histoire des idées, pour esquisser une réflexion sur les fondements du droit économique. Il s’agit de celui que Christian Laval a co...

Ful tanımlama

Kaydedildi:
Detaylı Bibliyografya
Yazar: Sueur, Jean-Jacques
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: 2008
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RIDE_224_0459
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic Bentham
économie politique
État
marché
régulation
Spinoza
utilitarisme
Bentham
market
political economy
regulation
Spinoza
State
utilitarianism
spellingShingle Bentham
économie politique
État
marché
régulation
Spinoza
utilitarisme
Bentham
market
political economy
regulation
Spinoza
State
utilitarianism
Sueur, Jean-Jacques
Le marché du non-marchand
topic_facet Bentham
économie politique
État
marché
régulation
Spinoza
utilitarisme
Bentham
market
political economy
regulation
Spinoza
State
utilitarianism
description La présente étude prend appui sur deux ouvrages récents, portant sur des objets voisins mais non « juridiques » à proprement parler puisqu’ils relèvent plutôt de l’histoire des idées, pour esquisser une réflexion sur les fondements du droit économique. Il s’agit de celui que Christian Laval a consacré à Bentham et aux utilitaristes (tous deux vus comme une des « racines du néolibéralisme ») : L’homme économique, et de l’ouvrage collectif consacré à Spinoza ou mieux au spinozisme sous le titre énigmatique de Spinoza et les sciences sociales, sous la direction d’Yves Citton et Frédéric Lordon. À l’heure où les concepts et catégories fondamentales du droit en général et du droit économique en particulier se renouvellent à grande vitesse, souvent de manière empirique (propriété économique, régulation), alors aussi que l’État traditionnel est concurrencé dans sa fonction régulatrice traditionnelle par toutes sortes d’instances non étatiques sources de droit(s) et génératrices d’ordre(s), il est opportun de procéder à un tel retour aux sources. Au terme de ce parcours, il apparaît que l’homme « économique », c’est-à-dire calculateur ou stratège, mû par ses intérêts bien compris et qui se prolongent dans les différents libéralismes selon Ch. Laval, n’est pas très éloigné de l’homme spinoziste, inventé par un penseur de génie dans un environnement non capitaliste. Pensé en dehors de toutes les médiations et de tous les médiateurs familiers à la pensée libérale (Droit, État), l’homme selon Spinoza est en effet doté des atouts nécessaires pour lui permettre d’affronter les « forces obscures » du marché, à commencer par cette volonté d’être au monde et de faire « effort » pour y demeurer : le « conatus » spinoziste. S’agit-il de la version philosophique un peu sophistiquée de l’« esprit du capitalisme » évoqué naguère par Sombart ? C’est ce que laissent entendre les auteurs de l’ouvrage ici commenté, en se saisissant de toutes sortes de questions d’actualité (le prix du pétrole, la valeur de la monnaie). On peut les suivre, fort de cette conviction qu’il vaut mieux porter un regard extérieur sur les transformations du monde que d’essayer de les « décrire » avec des instruments d’analyse périmés.
author Sueur, Jean-Jacques
author_facet Sueur, Jean-Jacques
author_sort Sueur, Jean-Jacques
title Le marché du non-marchand
title_short Le marché du non-marchand
title_full Le marché du non-marchand
title_fullStr Le marché du non-marchand
title_full_unstemmed Le marché du non-marchand
title_sort le marché du non-marchand
publishDate 2008
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://droit.cairn.info/revue-internationale-de-droit-economique-2008-4-page-459?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/ride.224.0459
_version_ 1877246659864297472
spelling cairn-RIDE_224_0459RIDERevue internationale de droit économique https://droit.cairn.info/revue-internationale-de-droit-economique-2008-4-page-459?lang=fr https://doi.org/10.3917/ride.224.0459 Le marché du non-marchand Sueur, Jean-Jacques2008 Benthaméconomie politiqueÉtatmarchérégulationSpinozautilitarismeBenthammarketpolitical economyregulationSpinozaStateutilitarianismfre Revue internationale de droit économique | t. XXII4 | 4 | 2008-10-04 | p. 459-485 | 1010-8831 RIDE_22448 La présente étude prend appui sur deux ouvrages récents, portant sur des objets voisins mais non « juridiques » à proprement parler puisqu’ils relèvent plutôt de l’histoire des idées, pour esquisser une réflexion sur les fondements du droit économique. Il s’agit de celui que Christian Laval a consacré à Bentham et aux utilitaristes (tous deux vus comme une des « racines du néolibéralisme ») : L’homme économique, et de l’ouvrage collectif consacré à Spinoza ou mieux au spinozisme sous le titre énigmatique de Spinoza et les sciences sociales, sous la direction d’Yves Citton et Frédéric Lordon. À l’heure où les concepts et catégories fondamentales du droit en général et du droit économique en particulier se renouvellent à grande vitesse, souvent de manière empirique (propriété économique, régulation), alors aussi que l’État traditionnel est concurrencé dans sa fonction régulatrice traditionnelle par toutes sortes d’instances non étatiques sources de droit(s) et génératrices d’ordre(s), il est opportun de procéder à un tel retour aux sources. Au terme de ce parcours, il apparaît que l’homme « économique », c’est-à-dire calculateur ou stratège, mû par ses intérêts bien compris et qui se prolongent dans les différents libéralismes selon Ch. Laval, n’est pas très éloigné de l’homme spinoziste, inventé par un penseur de génie dans un environnement non capitaliste. Pensé en dehors de toutes les médiations et de tous les médiateurs familiers à la pensée libérale (Droit, État), l’homme selon Spinoza est en effet doté des atouts nécessaires pour lui permettre d’affronter les « forces obscures » du marché, à commencer par cette volonté d’être au monde et de faire « effort » pour y demeurer : le « conatus » spinoziste. S’agit-il de la version philosophique un peu sophistiquée de l’« esprit du capitalisme » évoqué naguère par Sombart ? C’est ce que laissent entendre les auteurs de l’ouvrage ici commenté, en se saisissant de toutes sortes de questions d’actualité (le prix du pétrole, la valeur de la monnaie). On peut les suivre, fort de cette conviction qu’il vaut mieux porter un regard extérieur sur les transformations du monde que d’essayer de les « décrire » avec des instruments d’analyse périmés. MARKETS FOR NON MARKET GOODS. ABOUT TWO RECENT BOOKS This paper analyses two books, recently published in France. Following different methods, these books deal with the problem of foundations and basic concepts of law and economic law : ownership, regulation, individualism, utility, power and so on. The authors (sociologists) show all the profit that lawyers or economists may draw from the research conducted by Bentham and the English “utilitarianism school” (to whom the book of Christian Laval, called “L’homme économique” is dedicated) as well as the extraordinary intellectual resources and inventions of a work like that of Spinoza (“Spinoza et les sciences sociales”, edited by Yves Citton and Frederic Lordon, as a collection of studies dedicated to the “modernity” of Spinoza). Bentham proposes an original and rather materialist reading of the law, by taking into account the actors themselves, their powers and calculations according to certain purposes ; he proclaims also “common utility” as the supreme aim of mankind. Spinoza himself does not omit the part of individuals in the social system (“affects”), but his approach is quite different : the keyword of his philosophy and political representation is endeavour (“conatus”) ; enemy of all mediations – like the state and law – he paints power, all frames of powers, exactly as they are in fact, i.e. as a pure strength, without any “make-up”. All these propositions are very interesting for the specialist of economic law, with all the transpositions that they suggest.Cairn free access