Nerfs, sensibilité et motricité à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècle) : entre philosophie naturelle, théories physiologiques et pratique médicale

Dans ses œuvres de philosophie naturelle et de physiologie, Aristote a considéré le cœur comme principe de la sensibilité et des mouvements locaux des membres locomoteurs, en attribuant ces mouvements à l’intervention de structures dénommées neurâ (désignant indistinctement tendons, ligaments et ne...

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1. Verfasser: Loviconi, Laetitia
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2021
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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description Dans ses œuvres de philosophie naturelle et de physiologie, Aristote a considéré le cœur comme principe de la sensibilité et des mouvements locaux des membres locomoteurs, en attribuant ces mouvements à l’intervention de structures dénommées neurâ (désignant indistinctement tendons, ligaments et nerfs), dont certaines seraient présentes dans le cœur, d’autres attachées aux os et supposément dérivées de vaisseaux issus du cœur. Au contraire, selon Galien, le cerveau et la moelle épinière sont le lieu de naissance des nerfs, par l’intermédiaire desquels les parties corporelles seraient sensibles et susceptibles de mouvements volontaires. Entre la seconde moitié du xie siècle et le xive siècle, ces théories adverses furent portées à la connaissance des médecins médiévaux de l’Occident latin, d’une part, par des traductions arabo-latines et gréco-latines des œuvres d’Aristote et de Galien, d’autre part, à travers les adaptations, les lectures et les interprétations que médecins et philosophes arabes avaient faites à partir de ces mêmes œuvres.Dans cet article, nous nous focalisons donc sur la fin du Moyen Âge afin d’examiner la façon dont les médecins de l’Occident latin réfléchirent à l’anatomie et au statut des nerfs, en relation avec les facultés sensitive et motrice, au sein de practicae, œuvres faisant se côtoyer une perspective pratique et l’apport de données théoriques médicales. Afin de saisir les éventuelles parentés et singularités des discours de practicae, nous présentons dans un premier temps la façon dont ont été discutés ces sujets dans quelques œuvres scolastiques de théorie médicale ( xiiie- xve siècle). Nous analysons ensuite les discours développés dans des practicae pour déterminer comment les auteurs de telles œuvres ont mobilisé des sources divergentes relevant de la philosophie naturelle et de la théorie médicale, dans le cadre de l’élaboration d’une médecine revendiquant le statut de science pour son versant théorique. Nous envisageons aussi dans quelle mesure les solutions et conceptions retenues par ces auteurs ont pu interagir avec l’exercice médical (mise en œuvre des diagnostics, des pronostics, des explications étiologiques, des conseils thérapeutiques).
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