Rousseau, Durkheim et la constitution affective du social

RésuméL’article veut remettre en cause le rôle de l’affectivité dans la socialité humaine telle quelle se présente dans la sociologie de Émile Durkheim. En proposant sa théorie du « groupe effervescent » comme modèle pour la genèse de la société, Durkheim s’inspire cependant des vues d’un prédécesse...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autor principal: Arppe, Tiina
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2005
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:RésuméL’article veut remettre en cause le rôle de l’affectivité dans la socialité humaine telle quelle se présente dans la sociologie de Émile Durkheim. En proposant sa théorie du « groupe effervescent » comme modèle pour la genèse de la société, Durkheim s’inspire cependant des vues d’un prédécesseur philosophique éminent : Jean-Jacques Rousseau. La lecture proposée ici entend mettre au jour l’inspiration rousseauiste « cachée » de la théorie durkheimienne portant sur la genèse de la société ainsi que sur le rôle des affects là-dedans. Elle montre que la sociologie durkheimienne hérite de la philosophie rousseauiste le lien qui noue, dès le début, la question touchant l’énergie affective au problème du mal. Durkheim emprunte aux sciences naturelles l’idée d’un système énergétique tendant vers l’équilibre. Avec cette idée, il entend contrôler les passions effrénées, qui faisaient déjà peur à Rousseau, et désigner ainsi un bon usage pour le mal. Or, ici la théorie durkheimienne fait partie d’un changement conceptuel plus générale qui s’est produit pendant le xixe siècle et qui porte, précisément, sur le statut de l’affectivité et sur son rapport au mal. Selon l’hypothèse avancée ici, il s’agit d’une toute nouvelle économie du mal, non plus métaphysique mais empirique, et qui peut aussi être conçue comme une nouvelle manière de conceptualiser le rapport entre la nature et la société ou la nature et la culture.