Les fins à la Renaissance, fin de la Renaissance : les discours du télos au xvie siècle en France

La Renaissance a paradoxalement proclamé la fin de bien des choses car il faut finir pour renaître. Elle a donc congédié une époque, qu’elle baptise le Moyen Age, proclamé la fin de de la barbarie gothique et du papisme. Elle a aussi largement vécu dans l’attente de la fin du monde, de la parousie e...

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Dans:Réforme, Humanisme, Renaissance | 98 | 1 | 2024-05-21 | p. 59-102 | 1771-1347
Auteur principal: Le Gall, Jean-Marie
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2024
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RHREN_098_0059RHRENRéforme, Humanisme, Renaissance https://shs.cairn.info/revue-reforme-humanisme-renaissance-2024-1-page-59?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhren.098.0059 Les fins à la Renaissance, fin de la Renaissance : les discours du télos au xvie siècle en France Le Gall, Jean-Marie2024 fre Réforme, Humanisme, Renaissance | 98 | 1 | 2024-05-21 | p. 59-102 | 1771-1347 RHREN_09894 La Renaissance a paradoxalement proclamé la fin de bien des choses car il faut finir pour renaître. Elle a donc congédié une époque, qu’elle baptise le Moyen Age, proclamé la fin de de la barbarie gothique et du papisme. Elle a aussi largement vécu dans l’attente de la fin du monde, de la parousie et de l’Apocalypse, et cette angoisse en forme d’espérance a progressé en France pendant les guerres de Religion, qui mettent fin au beau XVIe siècle et voit la vertu et la piété de noblesse décliner avec les mœurs de la sociétéMais la Renaissance, lever de rideau de la modernité, pouvait elle finir ? Cet article s’interroge sur la manière dont certains, comme Jean Bodin, Louis Le Roy, Montaigne, Pelletier du Mans ont proposé des issues pour ne pas finir. D’une part la croyance dans le progrès qui fait regarder l’avenir avec confiance plutôt que de se complaire dans le déclin du présent par rapport au passé. D’autre part, dans l’atmosphère vespérale et apocalyptique d’une fin de siècle tragique, la fascination pour une nature puissante, certes changeante mais sans fin, sur laquelle il est possible de refonder la société, sur une religion naturelle, une nation, une noblesse qui cultive l’idéal virgilien de la vie champêtre plutôt que l’esprit courtisan et querelleur.Paradoxically, the Renaissance proclaimed the end of many things. You have to finish to be reborn. Renaissance invented the Middle Ages to proclaim the end of an era and the birth of a new one. It proclaimed the end of Gothic barbarism and papism. It also largely lived in expectation of the end of the world, the Parousia and the Apocalypse, and this anguish in the form of hope progressed in France during the Wars of Religion, which put an end to the beautiful 16th century and saw the virtue and piety of the nobility decline along with the mores of society.But could the Renaissance, the curtain-raiser of modernity, come to an end? This article looks at the ways in which people like Jean Bodin, Louis Le Roy, Montaigne and Pelletier du Mans proposed ways of avoiding the end. On the one hand, the belief in progress that makes us look to the future with confidence, rather than wallowing in the decline of the present in relation to the past. On the other hand, in the apocalyptic evening atmosphere of a tragic fin de siècle, a fascination with a powerful nature, changing but never-ending, on which to rebuild society, a natural religion, a nation, a nobility that cultivates the Virgilian ideal of country life rather than the courtly and quarrelsome spirit.Cairn restricted access
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description La Renaissance a paradoxalement proclamé la fin de bien des choses car il faut finir pour renaître. Elle a donc congédié une époque, qu’elle baptise le Moyen Age, proclamé la fin de de la barbarie gothique et du papisme. Elle a aussi largement vécu dans l’attente de la fin du monde, de la parousie et de l’Apocalypse, et cette angoisse en forme d’espérance a progressé en France pendant les guerres de Religion, qui mettent fin au beau XVIe siècle et voit la vertu et la piété de noblesse décliner avec les mœurs de la sociétéMais la Renaissance, lever de rideau de la modernité, pouvait elle finir ? Cet article s’interroge sur la manière dont certains, comme Jean Bodin, Louis Le Roy, Montaigne, Pelletier du Mans ont proposé des issues pour ne pas finir. D’une part la croyance dans le progrès qui fait regarder l’avenir avec confiance plutôt que de se complaire dans le déclin du présent par rapport au passé. D’autre part, dans l’atmosphère vespérale et apocalyptique d’une fin de siècle tragique, la fascination pour une nature puissante, certes changeante mais sans fin, sur laquelle il est possible de refonder la société, sur une religion naturelle, une nation, une noblesse qui cultive l’idéal virgilien de la vie champêtre plutôt que l’esprit courtisan et querelleur.
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