D’une cour l’autre. Caspar Scheit, traducteur méconnu de Marot (Heidelberg, 1551)

L’ Eloge récréatif du mois de mai, que le musicien et pédagogue Caspar Scheit compose à la cour de Heidelberg en 1551, désireux de plaire au prince électeur francophile Frédéric II dont la cour constitue l’un des lieux importants pour la réception de la culture française en terres d’Empire, apporte...

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Publicado en:Réforme, Humanisme, Renaissance | 87 | 2 | 2018-12-13 | p. 127-145 | 1771-1347
Autor principal: Kammerer, Elsa
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2018
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RHREN_087_0127RHRENRéforme, Humanisme, Renaissance https://shs.cairn.info/revue-reforme-humanisme-renaissance-2018-2-page-127?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhren.087.0127 D’une cour l’autre. Caspar Scheit, traducteur méconnu de Marot (Heidelberg, 1551) Kammerer, Elsa2018 fre Réforme, Humanisme, Renaissance | 87 | 2 | 2018-12-13 | p. 127-145 | 1771-1347 RHREN_0871 L’ Eloge récréatif du mois de mai, que le musicien et pédagogue Caspar Scheit compose à la cour de Heidelberg en 1551, désireux de plaire au prince électeur francophile Frédéric II dont la cour constitue l’un des lieux importants pour la réception de la culture française en terres d’Empire, apporte plusieurs éléments nouveaux qui permettent de mieux évaluer la circulation de l’œuvre profane de Marot en domaine germanophone, aux côtés de chansons et de Calendriers des bergers qui y apparaissent eux aussi comme des ambassadeurs possibles de la langue française. Mais l’ Eloge présente également le témoignage d’un traducteur qui ne sépare pas la pratique de la traduction de celle de la musique, sur le modèle de la fricassée, du quodlibet et plus généralement de l’improvisation. C’est bien l’attention à la matérialité sonore de la langue qui préside à ses choix de traduction : les textes doivent être chantés, et cela dans les deux langues. Scheit est ce faisant, à une date relativement précoce, l’un des premiers à introduire le décasyllabe français en langue poétique allemande. D’autres projets explicites de traduction, qui restent à documenter, confirment le rôle de passeur important qu’il joua entre le Royaume de France et l’Empire au milieu du xvie siècle.The Eloge récréatif du mois de mai, which the musician and pedagogus Caspar Scheit, eager to please the Francophile prince elector Frederick II, composed in 1551 at the court of Heidelberg (an important point of entry for French culture in the Empire), provides several new elements that allow us to refine our hitherto limited assessment of the circulation of Marot’s secular work in the German-speaking worl, alongside songs and Calendriers de bergers that also seem to be possible ambassadors of the French language. But the Eloge also testifies to the work of a translator who did not separate the practice of translation from that of music, and whose models were the fricassée, the quodlibet, and, more generally, improvisation. Close attention to the actual sound of the language determined his choices as a translator: the texts are meant to be sung, and in both languages. Scheit was, at a relatively early point in history, one of the first writers to introduce the French decasyllable into German poetic language. Other explicit translation projects, which are yet to be documented, confirm the important role he played as a cultural intermediary between the Kingdom of France and the Empire in the mid-sixteenth century.Cairn free access
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description L’ Eloge récréatif du mois de mai, que le musicien et pédagogue Caspar Scheit compose à la cour de Heidelberg en 1551, désireux de plaire au prince électeur francophile Frédéric II dont la cour constitue l’un des lieux importants pour la réception de la culture française en terres d’Empire, apporte plusieurs éléments nouveaux qui permettent de mieux évaluer la circulation de l’œuvre profane de Marot en domaine germanophone, aux côtés de chansons et de Calendriers des bergers qui y apparaissent eux aussi comme des ambassadeurs possibles de la langue française. Mais l’ Eloge présente également le témoignage d’un traducteur qui ne sépare pas la pratique de la traduction de celle de la musique, sur le modèle de la fricassée, du quodlibet et plus généralement de l’improvisation. C’est bien l’attention à la matérialité sonore de la langue qui préside à ses choix de traduction : les textes doivent être chantés, et cela dans les deux langues. Scheit est ce faisant, à une date relativement précoce, l’un des premiers à introduire le décasyllabe français en langue poétique allemande. D’autres projets explicites de traduction, qui restent à documenter, confirment le rôle de passeur important qu’il joua entre le Royaume de France et l’Empire au milieu du xvie siècle.
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