Introduction

La controverse de auxiliis entre Domingo Bañes et Luis de Molina est à l’origine proprement théologique. Elle oppose les défenseurs d’un système doctrinal préservant l’idée d’une grâce efficace en elle-même aux tenants de la thèse d’une grâce suffisante, généralement conférée aux hommes une fois pr...

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প্রকাশিত:Réforme, Humanisme, Renaissance | 87 | 2 | 2018-12-13 | p. 107-114 | 1771-1347
প্রধান লেখক: Viet, Nora
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: 2018
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spelling cairn-RHREN_087_0107RHRENRéforme, Humanisme, Renaissance https://shs.cairn.info/revue-reforme-humanisme-renaissance-2018-2-page-107?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhren.087.0107 Introduction Viet, Nora2018 fre Réforme, Humanisme, Renaissance | 87 | 2 | 2018-12-13 | p. 107-114 | 1771-1347 RHREN_08799 La controverse de auxiliis entre Domingo Bañes et Luis de Molina est à l’origine proprement théologique. Elle oppose les défenseurs d’un système doctrinal préservant l’idée d’une grâce efficace en elle-même aux tenants de la thèse d’une grâce suffisante, généralement conférée aux hommes une fois prévus leurs mérites, qui parvient à une pleine efficacité en vertu du consentement du libre arbitre. Ses implications anthropologiques sont cependant assez évidentes, puisqu’elle soulève la question de savoir comment l’homme peut exercer son libre arbitre si l’ensemble du réel est prédéterminé par la volonté divine. Le présent article montre que, pour y répondre, Molina est conduit à théoriser à nouveaux frais la capacité à l’autonomie possédée par les hommes, en développant ses conséquences juridiques, manifestées par une réelle emprise de l’homme sur le monde, tandis que Bañez resserre le lien entre Dieu et Sa créature pour Lui rendre son omnipotence et pointer la dépendance de l’homme à Son égard. Ce faisant, il élabore une définition du sujet fondée sur son autonomie, constitutive de sa dignité. La controverse théologique de auxiliis soulevait ainsi de forts enjeux anthropologique et juridique, ce qui explique certainement qu’elle n’ait pas pu être tranchée et qu’on la retrouve au xviie siècle au centre du conflit entre jésuites et jansénistes.The controversy de auxiliis between Domingo Bañes and Luis de Molina is originally properly theological. It opposes the defenders of a doctrinal system preserving the idea of a grace effective in itself to the proponents of the thesis of a sufficient grace, generally conferred on men once their merits have been foreseen, who achieves full effectiveness under the free will’s consent. Its anthropological implications are, however, quite obvious, since it raises the question of how man can exercise his free will if the whole of reality is predetermined by the divine will. The present article shows that, in order to answer it, Molina is led to further theorize the capacity for autonomy possessed by men, by developing its legal consequences, manifested by a real grip of man over the world, while Banez tightens the bond between God and His creature to restore His omnipotence and point out man’s dependence on Him. In doing so, he elaborates a definition of the subject based on his autonomy, constituting his dignity. The theological controversy thus raised strong anthropological and legal stakes, which certainly explains why it could not be decided and that it is found in the 17th century at the center of the conflict between Jesuits and Jansenists.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
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description La controverse de auxiliis entre Domingo Bañes et Luis de Molina est à l’origine proprement théologique. Elle oppose les défenseurs d’un système doctrinal préservant l’idée d’une grâce efficace en elle-même aux tenants de la thèse d’une grâce suffisante, généralement conférée aux hommes une fois prévus leurs mérites, qui parvient à une pleine efficacité en vertu du consentement du libre arbitre. Ses implications anthropologiques sont cependant assez évidentes, puisqu’elle soulève la question de savoir comment l’homme peut exercer son libre arbitre si l’ensemble du réel est prédéterminé par la volonté divine. Le présent article montre que, pour y répondre, Molina est conduit à théoriser à nouveaux frais la capacité à l’autonomie possédée par les hommes, en développant ses conséquences juridiques, manifestées par une réelle emprise de l’homme sur le monde, tandis que Bañez resserre le lien entre Dieu et Sa créature pour Lui rendre son omnipotence et pointer la dépendance de l’homme à Son égard. Ce faisant, il élabore une définition du sujet fondée sur son autonomie, constitutive de sa dignité. La controverse théologique de auxiliis soulevait ainsi de forts enjeux anthropologique et juridique, ce qui explique certainement qu’elle n’ait pas pu être tranchée et qu’on la retrouve au xviie siècle au centre du conflit entre jésuites et jansénistes.
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