Thomas Niger de Split et son épigramme antiluthérienne : destin d’une pasquinade

Le Dalmate Thomas Niger de Split (vers 1450-vers 1532), évêque de Skradin puis de Trogir, s’illustra principalement par son activité diplomatique au service de la Croatie menacée par les Ottomans. Il parcourut l’Europe pour avertir les papes et les princes du péril et leur demander du secours. De dé...

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Dans:Réforme, Humanisme, Renaissance | 85 | 2 | 2017-12-19 | p. 219-245 | 1771-1347
Auteur principal: Kraljić, Ivan C.
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2017
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RHREN_085_0219RHRENRéforme, Humanisme, Renaissance https://shs.cairn.info/revue-reforme-humanisme-renaissance-2017-2-page-219?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhren.085.0219 Thomas Niger de Split et son épigramme antiluthérienne : destin d’une pasquinade Kraljić, Ivan C.2017 fre Réforme, Humanisme, Renaissance | 85 | 2 | 2017-12-19 | p. 219-245 | 1771-1347 RHREN_08568 Le Dalmate Thomas Niger de Split (vers 1450-vers 1532), évêque de Skradin puis de Trogir, s’illustra principalement par son activité diplomatique au service de la Croatie menacée par les Ottomans. Il parcourut l’Europe pour avertir les papes et les princes du péril et leur demander du secours. De décembre 1522 à mars 1523, Niger séjourne à la cour du roi de Pologne en qualité de nonce apostolique. Il communique alors à l’évêque Andrzej Krzycki une épigramme commençant par Dic rogo Leo Papa faciat quid hypocrita præstans, et qui dénonce la passivité de Léon X et de trois cardinaux moines envers Luther. Or Léon X est mort en décembre 1521 après avoir excommunié Luther : l’anachronisme de l’épigramme invite à s’interroger sur sa genèse. Cette étude propose une piste de réflexion, la pasquinade italienne Leon, che fa lo hyppocrita prestante. Celle-ci fut probablement composée en 1520 et est très semblable à l’épigramme de Niger. Une comparaison entre ces deux documents permet d’émettre l’hypothèse que Thomas Niger a connu la pasquinade puis l’a traduite en latin pour la transmettre à Krzycki, en ayant omis les passages trop accablants pour la cour de Rome.Thomas Niger from Split (around 1450-around 1532), bishop of Skradin then Trogir, led an intense diplomatic activity to protect Croatia from the Ottomans. He travelled throughout Europe to warn popes and princes of the danger and to ask for help. From December 1522 until March 1523, while apostolic nuncio at the court of king Sigismund of Poland, Niger sent to bishop Andrzej Krzycki an epigram whose opening is Dic rogo Leo Papa faciat quid hypocrita præstans. In the epigram he denounced the lack of action of Leo X and three cardinals against Luther. However Leo X excommunicated Luther and then died in December 1521. The epigram is thus clearly anachronic in 1523, which raises the question of its genesis. This study proposes an answer, the italian pasquinade Leon, che fa lo hyppocrita prestante. It was probably written in 1520 and is very similar to Niger’s epigram. A comparison between these two documents allows us to postulate that Niger translated the pasquinade into latin for Krzycki, having omitted the sections too derogatory for the papal Court.Cairn free access
language Français
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description Le Dalmate Thomas Niger de Split (vers 1450-vers 1532), évêque de Skradin puis de Trogir, s’illustra principalement par son activité diplomatique au service de la Croatie menacée par les Ottomans. Il parcourut l’Europe pour avertir les papes et les princes du péril et leur demander du secours. De décembre 1522 à mars 1523, Niger séjourne à la cour du roi de Pologne en qualité de nonce apostolique. Il communique alors à l’évêque Andrzej Krzycki une épigramme commençant par Dic rogo Leo Papa faciat quid hypocrita præstans, et qui dénonce la passivité de Léon X et de trois cardinaux moines envers Luther. Or Léon X est mort en décembre 1521 après avoir excommunié Luther : l’anachronisme de l’épigramme invite à s’interroger sur sa genèse. Cette étude propose une piste de réflexion, la pasquinade italienne Leon, che fa lo hyppocrita prestante. Celle-ci fut probablement composée en 1520 et est très semblable à l’épigramme de Niger. Une comparaison entre ces deux documents permet d’émettre l’hypothèse que Thomas Niger a connu la pasquinade puis l’a traduite en latin pour la transmettre à Krzycki, en ayant omis les passages trop accablants pour la cour de Rome.
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