De Charpentier à Wagner : transfigurations musicales dans les cris de Paris chez Proust
Le véritable sujet de Louise de Gustave Charpentier, « roman musical » créé à l’Opéra Comique le 2 février 1900, est l’irrésistible pôle d’attraction, le symbole du plaisir physique que constituent les mélopées lancées par les marchands ambulants de Paris, ville de l’amour libre et de la fête des...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2008
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Le véritable sujet de Louise de Gustave Charpentier, « roman musical » créé à l’Opéra
Comique le 2 février 1900, est l’irrésistible pôle d’attraction, le symbole du plaisir physique
que constituent les mélopées lancées par les marchands ambulants de Paris, ville de l’amour
libre et de la fête des sens. Ce « stupide opéra », comme Proust le qualifie dans une lettre à
Halévy, a contribué à enrichir le fonds hypotextuel des célèbres pages de La Prisonnière qui
décrivent la fascination et la répulsion du narrateur pour la vulgarité et la crudité émanées des
invites de la rue. Chez Charpentier comme chez Proust, les cris de Paris sont des révélateurs
symboliques de l’obscur d’une conscience humaine qui échappe à toute vigilance : Louise
s’achève, comme La Prisonnière, sur une fuite, facilitée, sinon justifiée par l’appel des nourritures criées. Louise correspond exactement à ces aliments que « personnellement » le narrateur déteste mais qui se révèlent « fort au goût d’Albertine ». Bien des indices du texte, du
mot « Ouverture » à l’isotopie « vieille France » semblent renvoyer à la tradition de l’opéra
français du XIXe siècle symbolisée par Gounod et Massenet dont Reynaldo Hahn, comme
Charpentier, était un élève et admirateur inconditionnel. Mais, dans un savant palimpseste,
Proust discerne ce que le passage chez Charpentier avait de moderne et d’insolite en le rapprochant du modèle debussyste et insiste sur l’atmosphère de reverdie de ce dimanche de fête
dont l’enchantement évoque aussi Parsifal. Ainsi cette page est symbolique du parcours culturel et de l’évolution des goûts musicaux de Proust lui-même et permet au narrateur de réaliser l’une des expériences spirituelles indispensable à la réalisation de son œuvre. |
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