Lettres de guerre

Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une...

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Bibliografski detalji
Glavni autor: Trévisan, Carine
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2003
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RHLF_032_0331
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spelling cairn-RHLF_032_0331RHLFRevue d'histoire littéraire de la France https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2003-2-page-331?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhlf.032.0331 Lettres de guerre Trévisan, Carine2003 fre Revue d'histoire littéraire de la France | 103 | 2 | 2003-04-01 | p. 331-341 | 0035-2411 RHLF_03231 Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une prise de conscience de son être intime dans le cadre d’une vie collective imposée. La lettre de guerre permet d’abord de garder un contact avec le monde des « normalement vivants » — contact d’autant plus important que le soldat a le sentiment d’avoir été retranché de l’humanité. Surtout, elle permet de préserver un espace intime virtuel, en permanence menacé par l’expérience de la guerre de tranchées. Étroitement surveillée (par la censure), cette écriture de « non écrivains » frappe néanmoins par l’invention de formes inédites : dans la tentative de décrire au plus près non seulement la souffrance mais l’accablement — le célèbre « cafard » —, mais surtout dans le souci de laisser un dernier message aux vivants — une « dernière lettre » : un écrit qui, dans la complexité de ses formes, retravaille le genre du testament. Cairn restricted access
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description Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une prise de conscience de son être intime dans le cadre d’une vie collective imposée. La lettre de guerre permet d’abord de garder un contact avec le monde des « normalement vivants » — contact d’autant plus important que le soldat a le sentiment d’avoir été retranché de l’humanité. Surtout, elle permet de préserver un espace intime virtuel, en permanence menacé par l’expérience de la guerre de tranchées. Étroitement surveillée (par la censure), cette écriture de « non écrivains » frappe néanmoins par l’invention de formes inédites : dans la tentative de décrire au plus près non seulement la souffrance mais l’accablement — le célèbre « cafard » —, mais surtout dans le souci de laisser un dernier message aux vivants — une « dernière lettre » : un écrit qui, dans la complexité de ses formes, retravaille le genre du testament.
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