Les lettres qu'on ne brûle pas

S’il est un lieu commun universel sous la plume des mémorialistes d’Ancien Régime, c’est celui du refus d’être un écrivain, refus qui entend donner à leur récit une innocence en quelque sorte statutaire. Cette humilité feinte masque souvent une pratique en amateur de la littérature qui s’épanouit...

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Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Haroche-Bouzinac, Geneviève
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2003
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Omschrijving
Samenvatting:S’il est un lieu commun universel sous la plume des mémorialistes d’Ancien Régime, c’est celui du refus d’être un écrivain, refus qui entend donner à leur récit une innocence en quelque sorte statutaire. Cette humilité feinte masque souvent une pratique en amateur de la littérature qui s’épanouit en invention formelle, et, loin des genres constitués et de la littérature savante, prépare l’autobiographie moderne. Deux exemples sont ici invoqués. Celui des Mémoires de Marguerite de Valois d’abord, qui ouvrent la voie à un genre : récit confidentiel, à publication différée, qui brasse les genres narratifs et dramatiques en un équilibre nouveau, sans érudition visible, centré sur une odyssée personnelle.Celui des Mémoires de Retz ensuite, qui en un long récit moulé sur la variété plaisante de la conversation, entendent faire concurrence à l’Histoire, et créent une forme profondément originale. Dans les deux cas, un « non-écrivain » s’approprie en réalité la littérature, se joue des esthétiques rigides autant qu’il s’insurge contre les vérités officielles. Ce faisant, il prend date pour l’avenir (en proclamant une vérité personnelle) et affiche un goût : on mesure par cet exemple la fécondité de l’amateurisme en littérature.