La courtisane romantique (1830-1850) : solitude et ambiguïté d'un personnage romanesque

À la suite de Marion de Lorme (Esther et Marguerite Gautier lui font cortège) la présence, fascinante, de la courtisane dans la littérature romantique est un fait. L’exaltation de ses perfections éminentes et cachées, de son amour purement altruiste et piaculaire serait même un poncif du « roman so...

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Auteur principal: Lascar, Alex
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2001
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spelling cairn-RHLF_014_1193RHLFRevue d'histoire littéraire de la France https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2001-4-page-1193?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhlf.014.1193 La courtisane romantique (1830-1850) : solitude et ambiguïté d'un personnage romanesque Lascar, Alex2001 fre Revue d'histoire littéraire de la France | 101 | 4 | 2001-06-01 | p. 1193-1215 | 0035-2411 RHLF_01477 À la suite de Marion de Lorme (Esther et Marguerite Gautier lui font cortège) la présence, fascinante, de la courtisane dans la littérature romantique est un fait. L’exaltation de ses perfections éminentes et cachées, de son amour purement altruiste et piaculaire serait même un poncif du « roman social » sous la monarchie de Juillet. Examiné à partir d’un vaste corpus d’œuvres romanesques où seraient mis en rapport les auteurs majeurs (Balzac, G.Sand, Mérimée, le jeune Flaubert) et les autres, le personnage apparaîtra finalement bien plus ambigu. Au vrai la vision de Balzac se différencie peut-être moins qu’il n’y paraît de celle des romanciers ses contemporains: prêchant parfois pour les idées humanitaires, ils claironnent, unanimes, que la société est seule responsable; mais à lire précisément les défenseurs les plus ardents de la courtisane, on finit par s’apercevoir que, presque toujours, ils mettent aussi en cause la nature féminine, sensuelle, faible, vaine. Une vue d’ensemble du roman des années 1830-1850 révèle une sorte de mépris latent, inquiet, angoissé parfois, éprouvé devant la courtisane ordinaire. Mais dans la mémoire, Esther, Marguerite Gautier, — et Fernande (A.Dumas père), figures extraordinaires, incarnent la « courtisane romantique ». Bien seules dans le roman du temps par leur caractère, leur cheminement, marginales, ces admirables figures, merveilleux trompe-l’œil, disent le pouvoir de la littérature, qui recrée le réel suivant les désirs (compensatoires ?) de l’imaginaire d’un temps et donne à cet imaginaire, pour toujours, la force du vrai.Cairn restricted access
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description À la suite de Marion de Lorme (Esther et Marguerite Gautier lui font cortège) la présence, fascinante, de la courtisane dans la littérature romantique est un fait. L’exaltation de ses perfections éminentes et cachées, de son amour purement altruiste et piaculaire serait même un poncif du « roman social » sous la monarchie de Juillet. Examiné à partir d’un vaste corpus d’œuvres romanesques où seraient mis en rapport les auteurs majeurs (Balzac, G.Sand, Mérimée, le jeune Flaubert) et les autres, le personnage apparaîtra finalement bien plus ambigu. Au vrai la vision de Balzac se différencie peut-être moins qu’il n’y paraît de celle des romanciers ses contemporains: prêchant parfois pour les idées humanitaires, ils claironnent, unanimes, que la société est seule responsable; mais à lire précisément les défenseurs les plus ardents de la courtisane, on finit par s’apercevoir que, presque toujours, ils mettent aussi en cause la nature féminine, sensuelle, faible, vaine. Une vue d’ensemble du roman des années 1830-1850 révèle une sorte de mépris latent, inquiet, angoissé parfois, éprouvé devant la courtisane ordinaire. Mais dans la mémoire, Esther, Marguerite Gautier, — et Fernande (A.Dumas père), figures extraordinaires, incarnent la « courtisane romantique ». Bien seules dans le roman du temps par leur caractère, leur cheminement, marginales, ces admirables figures, merveilleux trompe-l’œil, disent le pouvoir de la littérature, qui recrée le réel suivant les désirs (compensatoires ?) de l’imaginaire d’un temps et donne à cet imaginaire, pour toujours, la force du vrai.
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