Combattre les fantômes au tribunal : l’affaire Anne du Moulin (1572)

À partir du procès intenté à la suite de l’« horrible massacre », en janvier 1572 d’Anne du Moulin, de ses enfants et de leur nourrice à Paris rue des Augustins, cet article se propose d’examiner ce que pouvait être « l’action » des fantômes dans la justice d’Ancien Régime. En effet dans ce cas préc...

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Auteur principal: Callard, Caroline
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2018
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spelling cairn-RHIS_183_0621RHISRevue historique https://shs.cairn.info/revue-historique-2018-3-page-621?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhis.183.0621 Combattre les fantômes au tribunal : l’affaire Anne du Moulin (1572) Callard, Caroline2018 crimedroiteFrancesièclesurnaturelxvi16th centuryCrimeFranceLawSupernaturalfre Revue historique | 687 | 3 | 2018-09-17 | p. 621-648 | 0035-3264 RHIS_18317 À partir du procès intenté à la suite de l’« horrible massacre », en janvier 1572 d’Anne du Moulin, de ses enfants et de leur nourrice à Paris rue des Augustins, cet article se propose d’examiner ce que pouvait être « l’action » des fantômes dans la justice d’Ancien Régime. En effet dans ce cas précis, et en l’absence de preuve tangible, l’avocat Barnabé Brisson proposa au tribunal de recevoir le témoignage du fantôme d’Anne Du Moulin, qui aurait dénoncé ses meurtriers à son mari. Ce cas exemplaire éclaire selon l’auteur le « moment spectral » de l’aube de la modernité, au cours duquel le fantôme est l’objet de saisies savantes, qui en assurent l’existence et lui permettent d’agir. En retour, il jette une lumière originale sur la grammaire spectrale du droit français au temps de son élaboration, au cœur duquel se situe l’adage polysémique : « le mort saisit le vif ».In January 1572, Anne du Moulin was found dead with her children and their nanny in Paris rue des Augustins. This “horrible massacre” led to a trial during which the advocate Barnabé Brisson, lacking any tangible proof, tried to produce in court the testimony of the ghost of Anne Du Moulin. She would have appeared to her husband and accused her cousin Blosset d’Arconville for being her murderer. This article offers to examine in the early modern justice what kind of actions ghosts were capable of doing. Perpetrated on the eve of St. Bartholomew’s Day massacre, the du Moulin’s case occurred also shortly after the Cross of Gastines Affair and was related to popular anxieties in Paris. Ghosts were thus endowed with a “social energy” which could be applied in a court case. In the long run, this case sheds also an original light on the “spectral grammar” in the French legislation which was then in its infancy. At its core lies the polysemic adage, le mort saisit le vif (“the dead seize the living”). This exemplary case illustrates the “spectral moment” at the dawn of modernity, during which ghosts were promoted by different kinds of knowledge (theology, law, medicine, natural philosophy, etc.) which made their existence possible and provide them with some agency.Cairn free access
language Français
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Callard, Caroline
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