La fabrique du privilège du désir

Les grandes enquêtes quantitatives ont constaté l’existence de différences sociales dans les manières de vivre le désir sexuel. Envisageant ces différences comme un foyer d’inégalités dans la sexualité, cet article cherche à comprendre comment se fabriquent de telles différences entre groupes sociau...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Lévy-Guillain, Rébecca
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2022
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RFS_631_0007
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Désir
Genre
Inégalités
Sexualité
Socialisation
Desire
Gender
Inequality
Sexuality
Social classes
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description Les grandes enquêtes quantitatives ont constaté l’existence de différences sociales dans les manières de vivre le désir sexuel. Envisageant ces différences comme un foyer d’inégalités dans la sexualité, cet article cherche à comprendre comment se fabriquent de telles différences entre groupes sociaux, notamment en fonction du genre et de la classe sociale. S’appuyant sur une enquête par entretiens biographiques conduits auprès d’individus aux profils sociaux diversifiés, il envisage l’apprentissage du désir comme un parcours qui commence au cours de l’enfance et se poursuit tout au long de la vie, et qui met en jeu des expériences se déroulant dans plusieurs sphères sociales. Il montre alors que la socialisation au désir opère en transmettant un ensemble de dispositions corporelles – via la pratique répétée d’activités physiques – et de dispositions mentales – via l’incorporation instantanée ou conscientisée de cadres interprétatifs et de répertoires de significations. Ainsi, l’article établit, d’une part, que les hommes sont davantage socialisés au désir que les femmes. Il conclut, d’autre part, que la socialisation enfantine et juvénile que connaissent les femmes issues des classes populaires inscrit plus durablement des dispositions au désir que celle qui s’opère à l’âge adulte, chez les femmes appartenant aux classes moyennes et supérieures, et via l’appropriation de grilles d’analyses féministes ou psychologiques.
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S’appuyant sur une enquête par entretiens biographiques conduits auprès d’individus aux profils sociaux diversifiés, il envisage l’apprentissage du désir comme un parcours qui commence au cours de l’enfance et se poursuit tout au long de la vie, et qui met en jeu des expériences se déroulant dans plusieurs sphères sociales. Il montre alors que la socialisation au désir opère en transmettant un ensemble de dispositions corporelles – via la pratique répétée d’activités physiques – et de dispositions mentales – via l’incorporation instantanée ou conscientisée de cadres interprétatifs et de répertoires de significations. Ainsi, l’article établit, d’une part, que les hommes sont davantage socialisés au désir que les femmes. Il conclut, d’autre part, que la socialisation enfantine et juvénile que connaissent les femmes issues des classes populaires inscrit plus durablement des dispositions au désir que celle qui s’opère à l’âge adulte, chez les femmes appartenant aux classes moyennes et supérieures, et via l’appropriation de grilles d’analyses féministes ou psychologiques.Major French quantitative surveys have observed social differences in the ways people experience sexual desire. This article envisions those differences as a locus of inequality in the area of sexuality, and seeks to understand how they are produced in terms of gender and social class. Drawing on a life history survey of individuals with diverse social profiles, it envisions the learning of sexual desire as a trajectory that begins in childhood and continues throughout a person’s life, bringing experiences into play that unfold in several different social spheres. It shows that the socialization of desire operates by transmitting a set of bodily dispositions—through repeated practice of physical activities—and mental dispositions—through either instantaneous or consciously internalized interpretive frameworks and meaning repertoires. Proceeding this way, it establishes that men are socialized in sexual desire to a greater degree than women and concludes that the child and juvenile socialization experienced by women of working-class background becomes more durably integrated into their dispositions concerning sexual desire than the socialization that operates in adulthood among women of middle- or upper-class background through the appropriation of feminist or psychological interpretive schemata.Las grandes encuestas cuantitativas han constatado la existencia de diferencias sociales en las maneras de vivir el deseo sexual. Al considerar esas diferencias como una fuente de desigualdades en la sexualidad, este artículo procura entender de qué manera se elaboran tales diferencias entre grupos sociales, en particular según el género y la clase social. Apoyándose en una encuesta por entrevistas biográficas a individuos de perfiles sociales diversos, plantea el aprendizaje del deseo como un recorrido que empieza en la niñez y se continúa a lo largo de la vida, poniendo en juego experiencias que se desarrollan en varias esferas sociales. Mostramos pues que la socialización del deseo opera transmitiendo una serie de disposiciones corporales – mediante la incorporación instantánea o concientizada de marcos interpretativos y de listas de significaciones. El artículo establece así por una parte que los hombres se ven más socializados hacia el deseo que las mujeres; por otra parte concluimos que la socialización infantil y juvenil que experimentan las mujeres de extracción popular inscribe de manera más duradera disposiciones para el deseo que la socialización a la edad adulta que conocen las mujeres que pertenecen a las clases medias y superiores, y mediante la apropiación de un esquema de interpretación feministas o psicológicas.Die grossen quantitativen Untersuchungen haben dargelegt, dass soziale Unterschiede im Erleben des sexuellen Verlangens vorliegen. Dieser Artikel betrachtet diese Unterschiede als Brennpunkt des unterschiedlichen sexuellen Verhaltens und möchte aufzeigen, wie solche Unterschiede innerhalb der sozialen Gruppen zustande kommen, besonders in Abhängigkeit von Gender und sozialer Klasse. Dazu stützt er sich auf eine Umfrage in Form von biographischen Gesprächen mit Personen unterschiedlichen sozialen Profils und betrachtet den Lernprozess des sexuellen Verlangens als einen Verlauf, die in der Kindheit beginnt und sich über das gesamte Leben erstreckt und die Erfahrungen in mehreren sozialen Bereichen auf Spiel setzt. So wird aufgezeigt, dass die Sozialisierung des sexuellen Verlangens durch die Vermittlung einer Reihe von körperlichen Voraussetzungen – wiederholte Körperaktivitäten – und mentalen Voraussetzungen – über die unmittelbare oder selbstbewusste Einbeziehung interpretativen Rahmen und Bedeutungsrepertoiren geschieht. Der Artikel besagt somit, dass einerseits die Männer mehr dem sozialisierten Verlangen als die Frauen unterliegen und dass andererseits die kindliche und jugendliche Sozialisierung bei Frauen aus unteren Volksschichten einen grösseren andauernden Einfluss ausübt, als im Erwachsenenalter bei Frauen aus den mittleren oder höheren Volksschichten durch die Aneignung von feministischen oder psychologischen Analysen.Cairn free access