Un salariat sans droit ?

Longtemps exclu du droit du travail, activité peu valorisée et qui engage des populations souvent vulnérables sur le marché du travail, le travail domestique effectué au domicile d’autrui a généralement été décrit comme un travail aux marges du salariat et sujet à l’exploitation. Pourtant, depuis pl...

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Auteur principal: Delpierre, Alizée
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2021
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFS_621_0105
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language Français
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topic Grandes fortunes
Rapports de travail
Travail domestique
Great wealth
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Paid domestic work
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Delpierre, Alizée
Un salariat sans droit ?
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Rapports de travail
Travail domestique
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Paid domestic work
Work relations
description Longtemps exclu du droit du travail, activité peu valorisée et qui engage des populations souvent vulnérables sur le marché du travail, le travail domestique effectué au domicile d’autrui a généralement été décrit comme un travail aux marges du salariat et sujet à l’exploitation. Pourtant, depuis plusieurs décennies, à travers le monde, des cadres législatifs internationaux et nationaux ont été définis pour réguler la domesticité et en protéger la main-d’œuvre. Comment s’expriment-ils dans les maisons où travaillent les employé·es domestiques ? À partir du cas de la France, dont le secteur des services à la personne s’est structuré autour de conventions collectives et d’institutions qui contribuent à formaliser la domesticité, cet article interroge la place du droit dans la construction des rapports de travail entre employeur·es et employé·es. Il s’appuie sur un terrain de recherche conduit auprès de personnes très fortuné·es ayant recours à du personnel de maison à temps plein. L’article montre que, dans cette forme de domesticité, employeur·es et employé·es s’arrangent avec le droit pour établir elles et eux-mêmes les rapports de travail : le droit n’est pas absent de leurs relations, mais ses usages sont à leur entière discrétion, laissant une place réduite aux cadres légaux du travail et à sa régulation extérieure.
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À partir du cas de la France, dont le secteur des services à la personne s’est structuré autour de conventions collectives et d’institutions qui contribuent à formaliser la domesticité, cet article interroge la place du droit dans la construction des rapports de travail entre employeur·es et employé·es. Il s’appuie sur un terrain de recherche conduit auprès de personnes très fortuné·es ayant recours à du personnel de maison à temps plein. L’article montre que, dans cette forme de domesticité, employeur·es et employé·es s’arrangent avec le droit pour établir elles et eux-mêmes les rapports de travail : le droit n’est pas absent de leurs relations, mais ses usages sont à leur entière discrétion, laissant une place réduite aux cadres légaux du travail et à sa régulation extérieure.Long excluded from labor law, paid domestic work in the home—a non-prestigious activity often performed by vulnerable labor market groups—has regularly been described as work at the margins of employment and subject to exploitation. Over the last several decades, international and national legal frameworks have been defined across the world to regulate this type of work and protect the workforce. But what becomes of those laws in homes where domestic employees work? Focusing on the case of France, where the personal services sector is structured around collective accords and the institutions implicated in formalizing domestic work, this article probes the role that law plays in constructing employer-employee relations. Specifically, the research focuses on domestic work in the homes of wealthy people who employ full-time domestic personnel. It is shown that in this form of domestic labor, employers and employees find their way around the law and establish their own work relations: the law is not absent from them, but its usages are entirely up to them, a situation that reduces the role of official labor law frameworks and the external regulation they provide.Excluido del derecho laboral durante mucho tiempo, actividad poco valorada practicada por poblaciones muchas veces vulnerables en el mercado laboral, el trabajo doméstico en casa ajena ha sido descrito a menudo como un trabajo en los márgenes de los trabajadores y sujeto a la explotación. Sin embargo desde hace varias décadas, por el mundo, marcos legislativos internacionales y nacionales han sido definidos para regular la domesticidad y proteger la mano de obra del sector. ¿Cómo se manifiestan en las casas donde trabajan criad@s? A partir del caso de Francia donde el sector de los servicios a la persona se ha estructurado en torno a convenciones colectivas e instituciones que contribuyen a formalizar la domesticidad, este artículo cuestiona el lugar del derecho en la construcción de las relaciones laborales entre patrónes y emplead@s. Se basa en un trabajo de campo que se llevó a cabo con personas de altísimos ingresos que emplean a criad@s a tiempo completo. El artículo demuestra que en esa forma de domesticidad, patrones y emplead@s interpretan a su manera el derecho, para crear por sí mismos las relaciones laborales: el derecho no está ausente de sus relaciones, pero su uso es de su entera discreción, y deja un lugar muy limitado a los marcos legales del trabajo y su regulación exterior.Die Arbeit der Hausangestellten unterlag lange Zeit keinem Arbeitsrecht, betraf oft ungesicherte Bevölkerungsteile des Arbeitsmarktes und wurde als untergeordnete Lohnbeschäftigung beschrieben, die Anlass zur Ausbeutung war. Seit einigen Jahrzehnten werden jedoch weltweit nationale und internationale Rahmengesetze erarbeitet, um die Arbeit der Hausangestellten zu regeln und zu sichern. Wie ist ihre Auswirkung in den Haushalten dieser Angestellten? Dieser Artikel geht vom Fall Frankreichs aus, wo der Dienstleistungssektor der Personen durch Kollektivvereinbarungen und Institutionen strukturiert wurde und zur Formalisierung des Berufs der Hausangestellten beigetragen hat. Er prüft den Platz des Arbeitsrechts in der Konstruktion der Beziehungen zwischen Arbeitgeber/in und Arbeitnehmer/in und stützt sich auf den Forschungsbereich bei sehr reichen Arbeitgebern, die Hausangestellte vollzeitig beschäftigen. Damit wird für diese Anstellungsbeziehung gezeigt, dass Arbeitgeber und Arbeitnehmer untereinander und selbständig Arrangements mit dem Arbeitsrecht vereinbaren. Dabei ist das Arbeitsrecht zwar Grundlage, seine Anwendung unterliegt jedoch ihrem vollen Einvernehmen und reduziert somit den gesetzlichen Rahmen und dessen Regulierung.Cairn free access