Michel Crozier (1922-2013) : un passeur, mais surtout un innovateur

À partir de l’exemple des occupants de logements dégradés parisiens, cet article s’intéresse à l’importance de l’habitat dans les mécanismes de classement social et aux interdépendances entre les positions sociales et résidentielles chez ces personnes précaires. L’occupation d’un logement disqualifi...

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Auteur principal: Friedberg, Erhard
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2013
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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description À partir de l’exemple des occupants de logements dégradés parisiens, cet article s’intéresse à l’importance de l’habitat dans les mécanismes de classement social et aux interdépendances entre les positions sociales et résidentielles chez ces personnes précaires. L’occupation d’un logement disqualifié implique une dégradation du statut dans la société, surtout pour les personnes qui font l’expérience du « déclassement résidentiel » ( i.e. ne parvenant pas à se loger convenablement malgré leur relative intégration, en raison de la conjoncture immobilière). Loin d’être passifs, les mal-logés tentent de lutter contre cette déchéance et aspirent à un reclassement tant résidentiel que social grâce au logement social. Cependant, pour les plus démunis, le relogement peut être porteur d’un certain malaise quand il s’accompagne d’un « surclassement résidentiel », c’est-à-dire lorsque le statut social n’est pas « à la hauteur » du nouveau statut résidentiel. Dans leur cas, les positions résidentielle et sociale fonctionnent comme des vases communicants : contraints d’arbitrer entre logement et consommation, il leur est impossible de s’élever dans l’une des hiérarchies sans se voir rabaisser dans l’autre. Ordres social et résidentiel sont donc étroitement imbriqués et toute modification dans l’un des ordres non suivie d’une modification similaire dans l’autre ordre a des effets psychologiques et sociaux importants.
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Loin d’être passifs, les mal-logés tentent de lutter contre cette déchéance et aspirent à un reclassement tant résidentiel que social grâce au logement social. Cependant, pour les plus démunis, le relogement peut être porteur d’un certain malaise quand il s’accompagne d’un « surclassement résidentiel », c’est-à-dire lorsque le statut social n’est pas « à la hauteur » du nouveau statut résidentiel. Dans leur cas, les positions résidentielle et sociale fonctionnent comme des vases communicants : contraints d’arbitrer entre logement et consommation, il leur est impossible de s’élever dans l’une des hiérarchies sans se voir rabaisser dans l’autre. Ordres social et résidentiel sont donc étroitement imbriqués et toute modification dans l’un des ordres non suivie d’une modification similaire dans l’autre ordre a des effets psychologiques et sociaux importants. Classification, de-classification and re-classification in the housing market. The example of residents in poor housing in Paris. Based on the example of residents in poor housing in Paris, this paper focuses on the importance of housing in social class mechanisms and the interdependence between social and residential status for those in positions of precarity. Housing deprivation implies a downgrading of status in society, especially for those who experience « residential de-classification » ( i.e., are unable to house themselves decently because of the situation in the housing market despite being comparatively socially integrated). Far from being passive, the poorly housed fight against this decline and aspire to residential as much as social re-classification by way of social housing. However, for the most deprived, rehousing can bring about social malaise when accompanied by an « over-elevated residential class », that is, when social status is not « as high » as a new residential status. In their case, residential and social statuses work like connecting vessels. Obliged to choose between housing and consumption, it is impossible for them to climb one of the hierarchies without slipping back in the other. Social and housing orders are thus tightly interwoven and any changes in one of the orders that are not followed by similar changes in the other have significant psychological and social effects.A partir del ejemplo de los ocupantes de los alojamientos deteriorados parisinos, este artículo se interesa a la importancia del hábitat en los funcionamientos de la categorización social y a las interdependencias entre las posiciones sociales y residenciales en el caso de las personas precarias. La ocupación de una vivienda descalificada implica una degradación del status en la sociedad, sobre todo para las personas que viven la experiencia de la « descategorización residencial » ( i.e. no consiguiendo alojarse convenientemente pese a su relativa integración social, debido a la coyuntura inmobiliaria). En lugar de permanecer pasivos, el mal-alojado trata de luchar contra esta decadencia y aspiran a una recategorización tanto residencial como social gracias a un alojamiento social. Sin embargo para los más desprovistos el realojamiento puede causar un malestar social cuando se acompaña de un « superclasamiento residencial », es decir cuando el estatuto social no está « a la altura » del nuevo estatuto residencial. En su caso, las posiciones residencial y social funcionan como vasos comunicantes : obligados de arbitrar entre alojamiento y consumo, les resulta imposible elevarse en una de las dos jerarquías ; sin verse rebajado en la otra. Los órdenes social y residencial en consecuencia están estrechamente ligados y toda modificación en uno de los órdenes no seguida de una modificación similar en el otro orden tiene efectos psicológicos y sociales importantes.Am Beispiel der Bewohner von heruntergekommenen Wohnungen in Paris beschäftigt sich dieser Aufsatz mit der Bedeutung der Wohnung im Prozeß der sozialen Einstufung und mit der gegenseitigen Abhängigkeit zwischen der sozialen Lage und den Wohnverhältnissen bei Personen in prekären Situationen. In disqualifizierten Wohnungen leben bedeutet eine Abwertung des sozialen Status, besonders bei Personen, die eine « Wohndeklassierung » erleben (d.h. denen es nicht gelingt, eine anständige Wohnung zu finden trotz einer relativen guten sozialen Integration, aufgrund der Immobilienkonjunktur. Diese notdürftig untergebrachten Personen sind keineswegs passiv, sie versuchen gegen dieses Absinken zu kämpfen und bemühen sich um eine neue Klassierung in Bezug auf Wohnung und soziales Status dank einer Sozialwohnung. Für die Ärmsten bedeutet gegebenenfalls die Neuunterbringung eine soziale Unbehaglichkeit falls sie mit einer « Wohnungsüberklassifizierung » verbunden ist, d.h. falls der soziale Status nicht « auf der Höhe » des neuen Wohnungsstatus liegt. In ihren Fällen funktionieren die Wohnungs- und Sozialpositionen wie kommunizierende Röhren : sie müssen wählen zwischen Wohnung und Konsum, und es ist ihnen somit nicht möglich, in einer der Hierarchien aufzusteigen, ohne in der anderen abzusteigen. Sozial- und Wohnungsordnungen sind somit eng verbunden und jegliche Änderung in einer dieser Ordnungen, die nicht von einer ähnlichen Änderung in der anderen begleitet würde, hat deutlich psychologische und soziale Auswirkungen.Cairn free access