L'affaire Spectrum

La notion de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) est victime de son succès. Son usage exponentiel, dans les mondes économique et académique, pour désigner les démarches par lesquelles les entreprises assument ou devraient assumer la prise en charge d’externalités négatives échappant au...

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Auteur principal: Barraud de Lagerie, Pauline
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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description La notion de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) est victime de son succès. Son usage exponentiel, dans les mondes économique et académique, pour désigner les démarches par lesquelles les entreprises assument ou devraient assumer la prise en charge d’externalités négatives échappant au cadre réglementaire, va en effet tendanciellement de pair avec sa réification. Si ce phénomène participe incontestablement de l’institutionnalisation de la notion, il empêche de comprendre le processus de construction et le contenu de ce qui se présente alors sous la forme d’une boîte noire étiquetée « RSE ». Cet article se propose au contraire d’étudier la construction de responsabilités extrajuridiques pour les entreprises, en opérant une double réduction du champ d’investigation, d’une part à la question des obligations des donneurs d’ordre occidentaux envers les travailleurs employés par leurs fournisseurs des pays du Sud, d’autre part au cas d’une situation litigieuse plutôt qu’à celui d’une arène délibérative. En adoptant une définition générique de la responsabilité, identifiée à l’administration « réglée » d’une sanction, et en suivant pas à pas les imputations de responsabilité consécutives à un drame (le décès de travailleurs bangladais dans l’effondrement de leur usine), nous pouvons mettre au jour le travail d’entrepreneurs de la responsabilisation des entreprises occidentales, et celui des entreprises ciblées pour résister à l’établissement d’un devoir de protection des travailleurs hors du cadre de la stricte relation salariale.
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Cet article se propose au contraire d’étudier la construction de responsabilités extrajuridiques pour les entreprises, en opérant une double réduction du champ d’investigation, d’une part à la question des obligations des donneurs d’ordre occidentaux envers les travailleurs employés par leurs fournisseurs des pays du Sud, d’autre part au cas d’une situation litigieuse plutôt qu’à celui d’une arène délibérative. En adoptant une définition générique de la responsabilité, identifiée à l’administration « réglée » d’une sanction, et en suivant pas à pas les imputations de responsabilité consécutives à un drame (le décès de travailleurs bangladais dans l’effondrement de leur usine), nous pouvons mettre au jour le travail d’entrepreneurs de la responsabilisation des entreprises occidentales, et celui des entreprises ciblées pour résister à l’établissement d’un devoir de protection des travailleurs hors du cadre de la stricte relation salariale. The Spectrum affair : « corporate social responsibility » in the face of a tragic event. The « corporate social responsibility » (CSR) notion is a victim of its own success. Exponential use of the term in the economic and academic worlds to designate the procedures by which corporations assume – or should assume – responsibility for negative externalities not covered by regulation goes tendentiously hand in hand with its reification. While the phenomenon unquestionably partakes of the institutionalization of the notion, the notion in turn prevents us from understanding the content of what is now presented in the form of a black box labeled « CSR » and how that content was constructed. This article, by contrast, focuses directly on the construction of extra-legal responsibilities for corporations, reducing the field of investigation to 1) the issue of western principals’ obligations to the workers employed by their suppliers in southern countries, and 2) a situation of legal dispute rather than a deliberation arena. By adopting a generic definition of responsibility, identified here with the « regulated » administering of a sanction, and following step by step the imputations of responsibility that followed on a tragic event – the death of Bangladeshi workers when their factory collapsed – it brings to light the work of entrepreneurs for the cause of making western corporations responsible, as well as targeted companies’ attempts to resist being officially required to protect workers beyond the limited framework of the wage-paying relationship. El caso Spectrum. La « responsabilidad social de las empresas » puestas a prueba por un drama. La noción de « responsabilidad social de las empresas » (RSE) es víctima de su éxito. Su uso exponencial, en el campo económico y académico por los cuales las empresas asumen o deberían asumir su responsabilidad para designar las gestiones en las externalidades negativas escapando al marco reglamentario, en efecto es tendenciosamente paralelas con su reificación. Si indudablemente este fenómeno participa en la institucionalización de esa noción, también nos impide comprender el proceso de su construcción como el contenido de lo que se presenta como una caja negra con la etiqueta « RSE ». Este artículo al contrario se propone estudiar la creación de responsabilidades extra-jurídicas para las empresas que ejercen una doble disminución en su campo de investigación, de una parte está el problema de las obligaciones de los jefes occidentales para con los trabajadores de los países del sur contratados por sus proveedores, de otra parte el caso de un litigio mas bien que el de una deliberación. Adoptando una definición genérica de responsabilidad identificada a una gestión « arreglada » por la administración y siguiendo paso a paso las acusaciones de responsabilidad debidas a un drama (el deceso de varios trabajadores bengalíes después del hundimiento de la fábrica) podemos poner al día el trabajo de los empresarios sobre la responsabilidad de las empresas occidentales y el de las empresas cuestionadas que se resisten a establecer un deber de protección para los trabajadores fuera del un marco de una estricta relación salarial. Die Affäre Spectrum. Die « soziale Verantwortung der Unternehmen » im Prüffeld eines Dramas. Der Begriff der « sozialen Verantwortung der Unternehmen » (SVU) ist Opfer seines Erfolgs. Immer weitere Verwendung dieses Begriffs zur Bezeichnung des Vorgehens mit dem die Unternehmen die Berücksichtigung von negativen Äußerlichkeiten, die aus dem Rahmen der gesetzlichen Regelungen fallen, übernehmen oder übernehmen müßten, geht in der Tat zusammen mit seiner Versachlichung in der wirtschaftlichen und in der akademischen Welt. Wenn diese Erscheinung auch zweifellos an der Institutionalisierung des Begriffs teilnimmt, so verhindert sie das Verständnis des Konstruktionsprozesses und des Inhalts dessen, was sich somit in Form einer schwarzen Box mit dem Etikett « SVU » darstellt. Dieser Artikel möchte im Gegenteil die Entstehung der außerrechtlichen Verantwortungen für die Unternehmen untersuchen und reduziert dafür zweifach das Untersuchungsfeld, einmal als Reduzierung auf die Frage der Verpflichtungen der westlichen Auftraggeber gegenüber den von ihren Lieferanten in südlichen Ländern angestellten Arbeiter, zum andern als Reduzierung auf den Fall einer Konfliktssituation an Stelle einer Beratungsarena. Wir übernehmen eine generische Definition der Verantwortung, die durch die « geregelte » Auferlegung einer Sanktion identifiziert wird, und folgen Schritt für Schritt die Verantwortungszuweisungen bei einem Drama (der Tod eines Bangladesh Arbeiter beim Einsturz einer Betriebshalle) und können somit die Arbeit zur Übertragung von Verantwortung auf westliche Firmen ins Licht stellen, und ebenso die Arbeit der gezielten Unternehmen, in ihrem Widerstand zur Wahrnehmung der Schutzpflicht der Arbeiter außerhalb des Rahmens der eigentlichen Lohnbeziehung.Cairn free access