Médiateur social, une profession émergente ?
Cet article s’inscrit dans le prolongement des travaux actuels sur les dynamiques de recomposition de l’intervention de l’État en matière de régulation des marchés de travail. Centré sur les activités dites de « médiation sociale », il montre qu’après avoir organisé le champ du travail social en pro...
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| Publié: |
2009
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RFS_502_0287RFS1Revue française de sociologie https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2009-2-page-287?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfs.502.0287 Médiateur social, une profession émergente ? Barthélémy, Fabienne2009 fre Revue française de sociologie | 50 | 2 | 2009-07-09 | p. 287-314 | 0035-2969 RFS_50287 Cet article s’inscrit dans le prolongement des travaux actuels sur les dynamiques de recomposition de l’intervention de l’État en matière de régulation des marchés de travail. Centré sur les activités dites de « médiation sociale », il montre qu’après avoir organisé le champ du travail social en professions institutionnalisées les pouvoirs publics, par la délivrance de contrats de travail temporaires, misent implicitement sur la capacité des travailleurs à créer et consolider leurs activités par eux-mêmes. Ce mouvement de stabilisation, retracé dans cet article, se distingue de la « professionnalisation » des métiers classiques du travail social. Loin de rechercher une forme d’autonomie professionnelle, les médiateurs s’ancrent au contraire dans des relations de dépendance où ils prennent différentes formes, se rendent malléables et se recomposent suivant les exigences de leurs interlocuteurs. Cet article se propose de bâtir un cadre conceptuel destiné à rendre compte de dynamiques de plasticité et de malléabilité, et non de fermeture et de clôture. C’est dans cette perspective qu’il importe des concepts issus de la sociologie des formes d’actions réciproques de Simmel, de la sociologie économique et de la sociologie des organisations. Ce faisant, il apporte une contribution aux réflexions actuelles sur les théorisations sociologiques permettant de rendre compte des activités de travail encadrées par l’État et paradoxalement malléables.Social mediator – an emerging profession ? This article, which fits with continuing current studies of how state intervention to regulate labor markets is changing, focuses on the activities known as « social mediation ». It shows that after organizing the field of social work in France into institutionalized professions, the public authorities are now implicitly wagering on workers’ ability to create and consolidate their activities on their own, as is clear from the new system of limited-time work contracts. This move to stabilize the situation is different from the way in which classic social worker jobs were « professionalized ». Far from any quest for professional autonomy, mediators are now engaged in relations of dependence where they have to assume different forms, reorganize themselves and make themselves malleable in accordance with their interlocutors’ demands. The article offers a conceptual framework to account for these dynamics not of closure but of malleability. Concepts from Simmel’s sociology of reciprocal action, economic sociology and sociology of organization are imported for this purpose. The article thereby contributes to current thinking on what kinds of sociological theory will enable us to account for the paradox of state-framed yet malleable work activities.Cairn free access |
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Cet article s’inscrit dans le prolongement des travaux actuels sur les dynamiques de recomposition de l’intervention de l’État en matière de régulation des marchés de travail. Centré sur les activités dites de « médiation sociale », il montre qu’après avoir organisé le champ du travail social en professions institutionnalisées les pouvoirs publics, par la délivrance de contrats de travail temporaires, misent implicitement sur la capacité des travailleurs à créer et consolider leurs activités par eux-mêmes. Ce mouvement de stabilisation, retracé dans cet article, se distingue de la « professionnalisation » des métiers classiques du travail social. Loin de rechercher une forme d’autonomie professionnelle, les médiateurs s’ancrent au contraire dans des relations de dépendance où ils prennent différentes formes, se rendent malléables et se recomposent suivant les exigences de leurs interlocuteurs. Cet article se propose de bâtir un cadre conceptuel destiné à rendre compte de dynamiques de plasticité et de malléabilité, et non de fermeture et de clôture. C’est dans cette perspective qu’il importe des concepts issus de la sociologie des formes d’actions réciproques de Simmel, de la sociologie économique et de la sociologie des organisations. Ce faisant, il apporte une contribution aux réflexions actuelles sur les théorisations sociologiques permettant de rendre compte des activités de travail encadrées par l’État et paradoxalement malléables. |
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