Le mal-être a-t-il un genre ?

Le mal-être naît des interactions multiples entre une tension singulière, un individu doté de caractéristiques sociales et les valeurs et normes véhiculées par la société. Chaque genre emprunte tendanciellement des voies différentes pour exprimer son mal-être. Les risques suicidaires ou la dépres...

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Hlavní autoři: Cousteaux, Anne-Sophie, Pan Ké Shon, Jean-Louis
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2008
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFS_491_0053
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language Français
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description Le mal-être naît des interactions multiples entre une tension singulière, un individu doté de caractéristiques sociales et les valeurs et normes véhiculées par la société. Chaque genre emprunte tendanciellement des voies différentes pour exprimer son mal-être. Les risques suicidaires ou la dépression touchent en priorité les femmes alors que le suicide et la dépendance alcoolique sont principalement masculins. Dès lors, il y aurait un risque d’interprétation erronée à se focaliser sur une seule d’entre elles. Si les divergences entre ces expressions montrent les singularités des diverses voies empruntées par le mal-être et dévoilent des effets différenciés sur des populations spécifiques, à l’inverse leurs convergences viennent solidifier des conclusions généralisables à l’ensemble des individus. À partir de données récentes tenant compte des profondes modifications intervenues dans les manières de vivre à deux, la mobilisation d’indicateurs genrés permet alors de porter un regard neuf sur la surprotection féminine, la protection due au couple et aux enfants traditionnellement tirées du seul suicide.
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Si les divergences entre ces expressions montrent les singularités des diverses voies empruntées par le mal-être et dévoilent des effets différenciés sur des populations spécifiques, à l’inverse leurs convergences viennent solidifier des conclusions généralisables à l’ensemble des individus. À partir de données récentes tenant compte des profondes modifications intervenues dans les manières de vivre à deux, la mobilisation d’indicateurs genrés permet alors de porter un regard neuf sur la surprotection féminine, la protection due au couple et aux enfants traditionnellement tirées du seul suicide.Is ill-being gendered ? Suicide, being at risk for suicide, depression and alcoholism. Ill-being arises from the multiple interactions that occur in a singularly tense relation – that between an individual endowed with social characteristics and the values and norms imparted and circulated by society. The genders tend to express ill-being in different ways. Women are more likely to be depressed or at risk for suicide, whereas men are more likely to be alcohol-dependent or to commit suicide. Focusing on one of these means of expression only entails the risk of misinterpreting these social phenomena. While divergences between them show the singularities of the various forms that ill-being takes and reveal the differentiated effects they may have on specific populations, convergence works to solidify conclusions applicable to all individuals. On the basis of recent data that take into account the profound changes that have occurred in ways of living in a couple, gendered indicators may be used to develop a new view of women’s « overprotection » from ill-being – protection provided by both the couple and children – which traditionally has preserved women from suicide only.¿ La inquietud tiene un género ? Suicidio, riesgo de suicidio, depresión y dependencia alcohólica. La inquietud nace de las múltiples interacciones de una tensión singular entre un individuo dotado de características sociales y los valores y normas transmitidos por la sociedad. Tendenciosamente cada género toma prestado diferentes medios para expresar su inquietud. Los riesgos suicidarios o la depresión atacan en prioridad a las mujeres mientras que el suicidio y la dependencia alcohólica son principalmente masculinos. Desde ese momento habría el riesgo de una interpretación errónea si se enfoca a uno solo de los géneros. Si las divergencias entre esas expresiones muestran las singularidades de los diversos medios prestados por la inquietud y revelan efectos diferenciados en las poblaciones específicas, a la inversa sus convergencias vienen a concretizar las conclusiones generalizables al conjunto de individuos. Partiendo de datos recientes y considerando las profundas modificaciones intervenidas en las maneras de vivir a dos, la movilización de los indicadores de género permiten tener una nueva visión de la sobreprotección femenina, la protección debida a la pareja y a los hijos, extraída tradicionalmente solo del suicidio.Ist das Unwohlbefinden genderabhängig ? Selbstmord, Selbstmordrisiko und Alkoholabhängigkeit. Das Unwohlbefinden entsteht aus mehrfachen Interaktionen zwischen einer besonderen Spannung, einer Person mit sozialen Eigenschaften und den durch die Gesellschaft getragenen Werten und Normen. Jedes Gender geht tendenziell unterschiedliche Wege um sein Unwohlbefinden auszudrücken. Die Selbstmordrisiken oder die Depression betreffen vorwiegend die Frauen, während der Selbstmord und die Alkoholabhängigkeit den Männern vorbehalten sind. Somit bestünde ein Risiko zur falschen Interpretation wenn man sich nur auf das eine oder das andere fokalisieren würde. Wenn die Abweichungen dieser Ausdrucksweisen auch die Eigenartigkeit der vom Unwohlbefinden eingeschlagenen Wege aufzeigen und differenzierte Auswirkungen auf spezifische Bevölkerungsteile hervorheben, so verstärken andererseits ihre Übereinstimmungen Schlußfolgerungen, die für alle gültig sind. Aufgrund der kürzlichen Daten bezüglich der in dem Zusammenleben zweier Personen eingetretenen tiefgehenden Veränderungen, erlaubt die Hinzuziehung von Genderindikatoren einen neuen Blick zu werfen auf den übertriebenen Schutz der Frauen, auf den dem Ehepaar und den Kindern zustehenden Schutz, die traditionell aus dem alleinigen Selbstmord abgeleitet wurden.Cairn free access