Lecture et télévision
Quels sont les effets culturels de la généralisation de l’accès au second cycle de l’enseignement secondaire au cours des années 1980 et 1990 ? Les données relatives à la lecture et à l’usage de la télévision suggèrent un recul de la lecture, qui se concentre principalement sur les bacheliers et l...
Bewaard in:
| Hoofdauteur: | |
|---|---|
| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
2007
|
| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Quels sont les effets culturels de la généralisation de l’accès au second cycle de l’enseignement secondaire au cours des années 1980 et 1990 ? Les données relatives à la lecture et
à l’usage de la télévision suggèrent un recul de la lecture, qui se concentre principalement
sur les bacheliers et les diplômés de l’enseignement supérieur, et un renforcement de la
place de la télévision dans les générations scolarisées dans les années 1980 et 1990. Ces
deux mouvements résultent de l’articulation complexe de l’effet « net » et de l’effet structurel de la massification scolaire, ce dernier freinant le déclin de la lecture et atténuant la
progression de l’usage de la télévision, puisque les catégories les plus lectrices et les moins
« téléphages » – i.e. les bacheliers et diplômés de l’enseignement supérieur – voient leur
poids augmenter dans la population. Dans le même temps, les plus diplômés voient au fil des
générations leurs comportements se rapprocher de ceux des catégories les moins diplômées,
pour la lecture comme pour la télévision. Cette double évolution peut faire l’objet de deux
interprétations, pas nécessairement exclusives l’une de l’autre. Selon une première interprétation, le recul de la lecture, comme la progression de la télévision, traduirait une altération
de la fonction culturelle de l’école, fruit d’une transformation des méthodes pédagogiques et
des contenus enseignés, relayée par la montée en puissance de l’influence des mass media.
Mais les évolutions observées renvoient aussi aux transformations morphologiques du
monde des lycéens et des étudiants, au sein duquel la part des « héritiers » s’est considérablement réduite à la faveur de la généralisation de l’accès au baccalauréat. En définitive, ces
évolutions peuvent être lues comme le signe d’une perte d’autorité culturelle de l’école aussi
bien que comme le signe d’une réduction des clivages culturels au sein des générations de la
massification scolaire. |
|---|