Tradition-modernité : un clivage persistant des sociétés européennes
Les théories de la modernisation proposées dans les années cinquante et soixante avançaient l’idée que les sociétés convergeaient vers les valeurs modernes et abandonnaient progressivement leurs valeurs traditionnelles. Cette idée de convergence est réexaminée dans cet article, dans le contexte des...
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| Autors principals: | , |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2006
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Les théories de la modernisation proposées dans les années cinquante et soixante avançaient l’idée que les sociétés convergeaient vers les valeurs modernes et abandonnaient progressivement leurs valeurs traditionnelles. Cette idée de convergence est réexaminée dans
cet article, dans le contexte des seules sociétés européennes, à partir de l’exploitation des
enquêtes Valeurs. Une série d’échelles d’attitudes sont construites, puis analysées par des
techniques multivariées. Deux résultats principaux se dégagent de cette étude. Tout d’abord,
il apparaît que, quelle que soit la date ou les pays examinés, les valeurs des Européens se
structurent toujours autour d’un axe de traditionalisme. Un tel résultat est évidemment en
contradiction avec les thèses, fortement critiquées par ailleurs, de convergence vers la
modernité. Ce résultat est aussi l’occasion de réfléchir sur le pendant du traditionalisme
– faut-il l’appeler « modernité » ? – et sur les liens entre les attitudes économiques et les
attitudes morales. En second lieu, la religiosité est étroitement liée à cette structuration des
valeurs, mais elle oppose principalement les Européens affiliés à une religion quelle qu’elle
soit aux sans-religion, plutôt que – comme on l’imagine souvent – les catholiques aux protestants. Au total, la tension entre tradition et modernité reste au cœur du système de valeurs
des sociétés européennes. |
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