Les Écrits politiques de Max Weber : un éclairage sociologique sur des problèmes contemporains

La parution partielle des Écrits politiques en langue française fournit l’occasion d’attirer l’attention du public francophone sur leur portée proprement sociologique. S’ils sont étroitement liés aux circonstances, ils n’en abordent pas moins, pour les plus importants d’entre eux, des problèmes de...

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Autor principal: Chazel, François
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2005
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:La parution partielle des Écrits politiques en langue française fournit l’occasion d’attirer l’attention du public francophone sur leur portée proprement sociologique. S’ils sont étroitement liés aux circonstances, ils n’en abordent pas moins, pour les plus importants d’entre eux, des problèmes de grande ampleur, dont Max Weber traite à partir de perspectives de nature sociologique, qui font appel, de façon plus ou moins explicite, à certains de ses outils conceptuels majeurs. Les deux analyses approfondies consacrées par Weber à la Révolution russe de 1905 et à son issue constituent une brillante illustration de ce type de démarche : Weber commence par dresser, dans le premier article, un tableau d’ensemble de la société russe qui lui permet de dégager la multiplicité des obstacles s’opposant au succès de la démocratie bourgeoise, avant de souligner, dans le second, les limites de plus en plus marquées de l’ouverture politique avec la mise en place du « pseudo-constitutionnalisme ». Dans le cadre du célèbre « Parlement et gouvernement dans l’Allemagne réorganisée » Weber procède même à une transposition directe d’analyses empruntées à sa « Sociologie de la domination » pour conduire sa vigoureuse critique de la bureaucratie et des risques d’extension de son pouvoir. D’une manière globale, c’est son regard sociologique qui l’amène à voir à l’œuvre dans les sociétés modernes une tendance à la bureaucratisation et à chercher à lui opposer des contrepoids, dont le socialisme de grande échelle serait à ses yeux précisément dépourvu. Ce rôle de contrepoids, qu’il a d’abord confié, pour l’essentiel, à un Parlement fort, il a ensuite cru le trouver, au moins en partie, du côté d’un pouvoir plébiscitaire sous la forme du Président du Reich : il isole ainsi une autre tendance de la modernité politique, qui découlerait de la démocratie de masse et de l’affrontement entre les partis politiques organisés.