Jugements de légitimité et d'illégitimité : la vie normative dans les nouveaux lieux de travail en Chine
Cet article se propose d’analyser l’émergence d’un droit du travail dans les nouvelles formes d’entreprise qui se développent aujourd’hui en Chine, en étudiant d’un côté les codes et règlements intérieurs établis par les employeurs et, de l’autre, les jugements de légitimité et d’illégitimité éno...
Tallennettuna:
| Päätekijät: | , |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
2005
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Cet article se propose d’analyser l’émergence d’un droit du travail dans les nouvelles
formes d’entreprise qui se développent aujourd’hui en Chine, en étudiant d’un côté les codes
et règlements intérieurs établis par les employeurs et, de l’autre, les jugements de légitimité
et d’illégitimité énoncés lors de la mise en œuvre de ces règlements. Les données recueillies
concernent des usines privées chinoises, des usines chinoises travaillant en sous-traitance
pour des entreprises étrangères, et enfin des usines dont le propriétaire est originaire de
Hong Kong ou de Taïwan mais confie à une main-d’œuvre entièrement chinoise la gestion
de la production. Ces entreprises ont en commun de ne s’inscrire ni dans l’ordre industriel
instauré depuis plusieurs décennies au sein des entreprises étatiques ou collectives ni dans
celui de sociétés étrangères important en Chine des modes de gestion divers mais bien
établis. L’analyse des prescriptions très détaillées mais souvent instables que constituent les
règlements internes souligne que deux éléments sont mobilisés pour asseoir leur validité :
d’un côté, des catégories politiques sont utilisées pour essayer de légitimer l’autorité des
dirigeants de l’usine et les attentes exprimées à l’égard des salariés ; de l’autre, la validité de
certaines règles est affirmée au nom tout simplement de leur efficacité, soit de leur participation au bon fonctionnement de l’entreprise sans que celui-ci soit défini plus avant. L’interprétation et la mise en œuvre de ces prescriptions donnent lieu cependant à des jugements
d’illégitimité très diversifiés, prenant appui cette fois sur des principes moraux. Ces jugements, prononcés par des salariés migrants qui ont aujourd’hui souvent accès à des postes
d’encadrement et sont donc chargés de la mise en œuvre de ces règlements, encouragent
l’émergence d’usages partagés. Des règles se constituent ainsi de façon progressive dans les
usines observées, contraintes non seulement par les prescriptions unilatérales que certains
s’efforcent d’imposer mais aussi par les tests de validité que se donnent au quotidien ces
salariés migrants. |
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