L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République

Le nationalisme, qui atteignit son apogée en France sous la Troisième République, a sacralisé l’armée au nom d’un « lien mystique » avec la nation. Instauré à la même époque, le service militaire, en faisant passer par les rangs de l’armée l’ensemble de la population masculine, a suscité la théor...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autor principal: Boulègue, Jean
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2003
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFS_444_0695
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description Le nationalisme, qui atteignit son apogée en France sous la Troisième République, a sacralisé l’armée au nom d’un « lien mystique » avec la nation. Instauré à la même époque, le service militaire, en faisant passer par les rangs de l’armée l’ensemble de la population masculine, a suscité la théorie du « rôle social » de l’officier. L’officier était donc au centre de la société, quoique tenu par la légalité républicaine à une stricte neutralité politique. Cependant, en cas de défaillance, réelle ou supposée, du pouvoir civil, il était porteur, pour une partie des Français, d’une légitimité virtuelle. Cette éventualité s’est produite en 1940 et lors de la guerre d’Algérie. Le lien mystique et le rôle social ont alors été invoqués pour autoriser des militaires à parler au nom de la nation. Ce rapport armée-société est devenu caduc sous l’effet des transformations de la société, jusqu’à ce que l’abandon de la conscription y mette officiellement un terme.
author Boulègue, Jean
spellingShingle Boulègue, Jean
L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
author_facet Boulègue, Jean
author_sort Boulègue, Jean
title L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
title_short L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
title_full L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
title_fullStr L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
title_full_unstemmed L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République
title_sort l'officier dans la société française : l'héritage de la troisième république
publishDate 2003
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2003-4-page-695?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rfs.444.0695
_version_ 1877246587812446208
spelling cairn-RFS_444_0695RFS1Revue française de sociologie https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2003-4-page-695?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfs.444.0695 L'officier dans la société française : l'héritage de la Troisième République Boulègue, Jean2003 fre Revue française de sociologie | 44 | 4 | 2003-11-01 | p. 695-711 | 0035-2969 RFS_44475 Le nationalisme, qui atteignit son apogée en France sous la Troisième République, a sacralisé l’armée au nom d’un « lien mystique » avec la nation. Instauré à la même époque, le service militaire, en faisant passer par les rangs de l’armée l’ensemble de la population masculine, a suscité la théorie du « rôle social » de l’officier. L’officier était donc au centre de la société, quoique tenu par la légalité républicaine à une stricte neutralité politique. Cependant, en cas de défaillance, réelle ou supposée, du pouvoir civil, il était porteur, pour une partie des Français, d’une légitimité virtuelle. Cette éventualité s’est produite en 1940 et lors de la guerre d’Algérie. Le lien mystique et le rôle social ont alors été invoqués pour autoriser des militaires à parler au nom de la nation. Ce rapport armée-société est devenu caduc sous l’effet des transformations de la société, jusqu’à ce que l’abandon de la conscription y mette officiellement un terme.The officer in French society : a heritage of the Third Republic. Nationalism which reached its peak in France in the Third Republic, made the army sacred becauseofa«mystical link»withthenation. Introducedatthesame period, the militaryservice, by passing the whole of the male population through army ranks, gave rise to the theory of the officer’s «social role». Thus the officer was at the centre of society, yet obliged by republican legality to respect strict political neutrality. However, in case of a failing, whether real or supposed, of civil power, he became, for a part of French citizens, the representative of virtual legitimacy. Thiswasthesitutationin 1940andduringtheAlgerianwar. Themysticallinkandthe social role were both put forward to authorize the military to speak on behalf of the nation. This army-society relationship became obsolete due to the transformations in society and disappeared altogether when compulsory enlistment was abandoned.El oficial en la sociedad francesa : una herencia de la Tercera República. ElnacionalismoquedurantelaTerceraRepública, alcanzóenFranciasuesplendorennombre de un « lazo místico » a consagrado al ejército con la nación. El servicio militar instaurado en la misma época, haciendo pasar por los rangos de la armada al conjunto de la población masculina, asuscitadola teoría del « rol social »del oficial. Aunque comprometidopor la legalidad republicana a una estricta neutralidad política el oficial en consecuencia estaba en el centro de la sociedad. Sin embargo en caso de un debilitamiento, real o supuesto, del poder civil, para una parte de los franceses el era el portador de una virtual legitimidad. Esta eventualidad se produce en 1940al momento de laguerrade Argelia. Entonces el lazo místicoy el rol social fueron invocados para autorizar a los militares a expresarse en nombre de la nación. Bajo el efecto de las transformaciones de la sociedad, esa relación ejército-sociedad se vuelve caduca, hasta el abandono de la conscripción, poniéndola oficialmente termino.Der Offizier in der französischen Gesellschaft: das Erbe der Dritten Republik. Der Nationalismus, der seinen Höhepunkt in Frankreich unter der dritten Republik erreichte, hat dieArmeeaufgrundeiner«mystischenBindung»mitder Nationsakralisiert. Zur selbenZeit wurde der Wehrdienst eingeführt, mit dem die gesamte männliche Bevölkerung die Rangstufen der Armeedurchliefunddersomit dieTheorie« der sozialenRolle »desOffiziers hervorbrachte. Der Offizier stand daher im Zentrum der Gesellschaft, obwohl durch die republikanische Legalität an eine strikte politische Neutralität gehalten. Im Falle eines tatsächlichen oder vermuteten VersagensderZivilmacht warerjedochfüreinenTeilderFranzosenTräger einer virtuellenLegitimität. Dieser Fall lag im Jahre 1940 und im Algerienkrieg vor. Die mystische Bindung und die sozialeRollewurdendamals geltendgemacht,umdem Militärzuerlauben,imNamenderNation zu sprechen. Diese Beziehung Armee-Gesellschaft ist durch die Umwandlungen der Gesellschaft weggefallen, bis die Abschaffung des Wehrdienstes ihr schließlich offiziell ein Ende setzt.Cairn free access