Revenir. L’épreuve du retour

Pourquoi revenir est-il tellement plus difficile que partir ? Pourquoi manque-t‑il un terme adéquat, en français comme dans d’autres langues, pour désigner « celui qui revient » sans l’assimiler à un « revenant » ? S’appuyant sur la dissymétrie entre « partir » et « revenir », cet article explore la...

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Auteur principal: Flécheux, Céline
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2024
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spelling cairn-RFP_883_0015RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2024-3-page-15?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.883.0015 Revenir. L’épreuve du retour Flécheux, Céline2024 épreuveOdysséeretourrevenirvoyagejourneyOdysseyordealreturnreturningfre Revue française de psychanalyse | 88 | 3 | 2024-06-04 | p. 15-23 | 0035-2942 RFP_88379 Pourquoi revenir est-il tellement plus difficile que partir ? Pourquoi manque-t‑il un terme adéquat, en français comme dans d’autres langues, pour désigner « celui qui revient » sans l’assimiler à un « revenant » ? S’appuyant sur la dissymétrie entre « partir » et « revenir », cet article explore la dimension problématique du retour dans les grands récits occidentaux, la parabole du Fils prodigue et L’Odyssée en particulier, et identifie les grandes épreuves caractéristiques du retour : la reconnaissance, l’oubli, le sentiment d’étrangeté, la difficulté à raconter. Peut-on réellement revenir chez soi sans déstabiliser son milieu de départ ? Les détours et les séjours modifient considérablement l’espace du retour. Quant au temps, il est particulièrement mis à l’épreuve lors du retour : son irréversibilité, son incompressibilité, le sens de sa « futurition », pour reprendre l’expression de Jankélévitch, résisteront-ils au revenir ?Why is returning so much harder than leaving? Why is there no appropriate term in French, as in other languages, to refer to “the one who returns” without equating him or her with a “ghost”? Drawing on the asymmetry between “leaving” and “returning”, this article explores the problematic dimension of the return in the great Western narratives, the parable of the Prodigal Son and The Odyssey in particular, and identifies the major trial of the return: recognition, forgetting, the feeling of uncanniness, the difficulty of telling the story. Can one really return home without destabilizing one’s original environment? Making detours and trips considerably alters the space of the return. As for time, it is particularly put to the test on returning: will its irreversibility, its incompressibility, the sense of its “futurition”, to use Jankélévitch’s expression, be able to resist the return?¿Por qué volver es mucho más difícil que partir? ¿Por qué carece el francés, como otros idiomas, de un término apropiado para designar “al que vuelve”, sin asimilarlo a un “regresado”? Apoyándose en lo asimétrico de “partir” y “volver”, este artículo explora la dimensión problemática del retorno en las grandes narraciones occidentales, la parábola del Hijo pródigo y la Odisea particularmente, e identifica las grandes pruebas características del retorno: el reconocimiento, el olvido, el sentimiento de extrañeza, la dificultad de contar. ¿De verás se puede volver a su tierra sin desestabilizar su medio originario? Los rodeos y las estadías modifican considerablemente el espacio del retorno. En cuanto al tiempo, éste se pone muy a prueba con el retorno: ¿Su irreversibilidad, su incompresibilidad, el sentido de su “futurización”, por retomar la expresión de Jankélévitch, resistirán a la vuelta?Cairn restricted access
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