Magritte : la toile, avers de l’absence de reflet du regard maternel
Magritte peint la pensée plutôt que ce que voit l’œil, ou alors il s’agit de l’œil qui « voit » dans le rêve. Le regard chez lui se veut regard intérieur, ne cessant de superposer deux réalités, celle réfléchie du psychique et celle irréfléchie du réel. L’auteur étudie la relation entre les thèmes d...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2022
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RFP_864_0775RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2022-4-page-775?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.864.0775 Magritte : la toile, avers de l’absence de reflet du regard maternel Pirlot, Gérard2022 absenceBergsoncréationMagrittetiercéisationtrauma“creating a third object” traumaabsenceBergsoncreationMagrittefre Revue française de psychanalyse | 86 | 4 | 2022-07-22 | p. 775-786 | 0035-2942 RFP_86414 Magritte peint la pensée plutôt que ce que voit l’œil, ou alors il s’agit de l’œil qui « voit » dans le rêve. Le regard chez lui se veut regard intérieur, ne cessant de superposer deux réalités, celle réfléchie du psychique et celle irréfléchie du réel. L’auteur étudie la relation entre les thèmes de la peinture de Magritte et l’absence de reflet du regard sans tain d’une mère déprimée qui après plusieurs tentatives se suicida lorsqu’il avait 14 ans. Le possible de sa disparition devint un mirage du présent dans le passé, comme dirait Bergson, ce dont sa peinture rend compte, « surréalisant » le fantasme dans le réel. L’art de nommer ses toiles, plongeant le spectateur dans une perplexité déployant un surplus d’imaginaire, est interprété comme relevant de la place d’un père à l’humour affirmé permettant de « tiercéiser » l’attraction qu’est l’œuvre pour l’artiste qui sinon risquerait d’y disparaître comme dans le miroir sans tain d’une mère suicidaire.Magritte paints thought rather than what the eye sees, or else it is a matter of the eye that “sees” in the dream. For him, the gaze is an inner gaze constantly superimposing two realities, that of reflected psychic reality and that of non-reflected material reality. The author studies the relations between the themes of Magritte’s paintings and the absence of reflection in the one-way gaze of a depressed mother who, after several attempts, committed suicide when he was 14 years old. The possibility of her disappearance became a mirage of the present in the past, as Bergson would say, to which his paintings bear witness, “surrealizing” fantasy in external reality. The art of naming his canvases, plunging the spectator into a state of perplexity that requires him to exercise an excessive degree of imagination, is interpreted as being linked to the place of a father with a strong sense of humour, thereby making it possible to “create a third object” of the attraction that the work has for the artist, which otherwise would be in danger of disappearing like in the one-way mirror of a suicidal mother.Magritte pinta el pensamiento no ya como lo ve el ojo, o se trata pues del ojo que “ve” en el sueño. La mirada en él se reclama mirada interior, y no cesa de superponer dos realidades, aquélla reflexionada por el psiquismo y aquélla sin reflexión de lo real. El autor estudia la relación entre temas de la pintura de Magritte, y la ausencia de reflejo de la mirada sin azogue de una madre deprimida que tras varios intentos termina suicidándose cuando él tenía 14 años. Su desaparición se vuelve un espejismo del presente en el pasado, como diría Bergson, y su pintura da cuenta, “surrealizando” la fantasía en lo real. El arte de dar nombres a sus lienzos, sumerge al espectador en lo perplejo que despliega un añadido de imaginario, y es interpretado como realce del lugar de un padre humorado que permite “tercerizar” la atracción que actúa en el artista que de otra manera podría desaparecer como el espejo sin azogue de una madre suicidaria.Cairn restricted access |
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Magritte peint la pensée plutôt que ce que voit l’œil, ou alors il s’agit de l’œil qui « voit » dans le rêve. Le regard chez lui se veut regard intérieur, ne cessant de superposer deux réalités, celle réfléchie du psychique et celle irréfléchie du réel. L’auteur étudie la relation entre les thèmes de la peinture de Magritte et l’absence de reflet du regard sans tain d’une mère déprimée qui après plusieurs tentatives se suicida lorsqu’il avait 14 ans. Le possible de sa disparition devint un mirage du présent dans le passé, comme dirait Bergson, ce dont sa peinture rend compte, « surréalisant » le fantasme dans le réel. L’art de nommer ses toiles, plongeant le spectateur dans une perplexité déployant un surplus d’imaginaire, est interprété comme relevant de la place d’un père à l’humour affirmé permettant de « tiercéiser » l’attraction qu’est l’œuvre pour l’artiste qui sinon risquerait d’y disparaître comme dans le miroir sans tain d’une mère suicidaire. |
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