Freud et l’énigme du regard

Ce n’est qu’en 1913 que Freud justifiera analytiquement son « cérémonial » le soustrayant au regard, qu’il impose en 1904. Et s’il recourt à l’argument du transfert, il néglige curieusement cette « pulsion de regarder » dont l’élaboration l’a pourtant mobilisé d’importance ces années-là. Comment com...

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Hoofdauteur: Kamieniak, Jean-Pierre
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2019
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spelling cairn-RFP_831_0025RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2019-1-page-25?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.831.0025 Freud et l’énigme du regard Kamieniak, Jean-Pierre2019 Auto-analyseMère nueMimiquePulsionRegardDriveGazeMimic expressionNaked motherSelf-analysisfre Revue française de psychanalyse | 83 | 1 | 2019-02-15 | p. 25-34 | 0035-2942 RFP_83170 Ce n’est qu’en 1913 que Freud justifiera analytiquement son « cérémonial » le soustrayant au regard, qu’il impose en 1904. Et s’il recourt à l’argument du transfert, il néglige curieusement cette « pulsion de regarder » dont l’élaboration l’a pourtant mobilisé d’importance ces années-là. Comment comprendre pareille négligence ? C’est que la résolution de l’énigme du regard l’impliquait intimement, ouvrant sur ce monde pulsionnel qui fut d’abord le sien et qu’il lui fallut s’approprier avant d’en élaborer ce savoir inouï continuant de faire scandale.It was only in 1913 that Freud justified analytically his “ceremonial”, removing himself from the patient’s gaze, which he had established in 1904. And if he resorted to the transference as an argument, he curiously neglected the “instinct of looking” whose elaboration nonetheless mobilised him considerably during those years. How can such negligence be understood? The fact is that the resolution of the enigma of the gaze concerned him intimately, opening out on to the world of the instinctual drives which, in the first place, was his own, and which he had to appropriate before he could elaborate this extraordinary knowledge that continues to cause a scandal.Tan solo fue en 1913 que Freud justificaría analíticamente su “ceremonial” desligándolo de la mirada, que él había impuesto en 1904. Y si acaso él recurre al argumento de la transferencia, curiosamente deja de lado la “pulsión de mirar” cuya elaboración sin embargo lo movilizó mucho en aquéllos años. ¿Cómo entender semejante negligencia? Aconteció que la resolución del enigma de la mirada lo implicaba íntimamente, dirigiéndolo a ese modo pulsional que fue primero el suyo y que luego tuvo que apropiárselo antes de elaborar el gran saber inaudito que escandaliza.Erst 1913 begründet Freud analytisch sein von ihm 1904 auferlegtes, ihn den Blicken entziehendes „Zeremoniell“. Sein Argument der Übertragung vernachlässigt seltsamerweise den „Schautrieb“, dessen Ausarbeitung ihn in diesen Jahren besonders bewegte. Wie lässt sich eine derartige Vernachlässigung verstehen ? Die Lösung des Rätsels um den Blick betraf ihn selbst auf intime Weise, und warf einen Blick auf diese, zunächst seine eigene Triebwelt, die er sich selbst erst aneignen musste, bevor er das unerhörte, kontinuierlich Skandal machende Wissen über sie ausarbeiten konnte.Solo nel 1913 Freud giustifico’ analiticamente il suo « cerimoniale » (imposto nel 1904) che lo sottraeva allo sguardo. Egli fece ricorso all’argomento del transfert, ma trascuro’ curiosamente la “pulsione del guardare”, la cui elaborazione lo aveva tuttavia occupato molto in quegli anni. Come comprendere tale negligenza ? In realtà la soluzione all’enigma dello sguardo lo coinvolgeva intimamente, poichè riguardava quel mondo pulsionale che fu all’inizio il suo e di cui dovette impadronirsi prima di elaborare questo inaudito campo del sapere che continua a fare scandalo.Cairn free access
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