Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation

La transplantation d’organe impose au patient un remaniement identitaire hors du commun et un travail psychique de traduction/symbolisation dans un contexte où passivité voire passivation se côtoient. Pour le greffé, il s’agit de se laisser pénétrer par l’autre (et ses effets) qui a fait irruption...

Fuld beskrivelse

Enregistré dans:
Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Gueniche, Karinne
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2018
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFP_823_0751
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic Étrangeté
Féminin
Identité
Passivité
Transplantation
Travail psychique
Feminine
Identity
Passivity
Psychic work
Strangeness
Transplantation
spellingShingle Étrangeté
Féminin
Identité
Passivité
Transplantation
Travail psychique
Feminine
Identity
Passivity
Psychic work
Strangeness
Transplantation
Gueniche, Karinne
Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
topic_facet Étrangeté
Féminin
Identité
Passivité
Transplantation
Travail psychique
Feminine
Identity
Passivity
Psychic work
Strangeness
Transplantation
description La transplantation d’organe impose au patient un remaniement identitaire hors du commun et un travail psychique de traduction/symbolisation dans un contexte où passivité voire passivation se côtoient. Pour le greffé, il s’agit de se laisser pénétrer par l’autre (et ses effets) qui a fait irruption dans l’intériorité corporelle, et se laisser modifier par la rencontre avec cet objet. Position féminine-passive et travail du féminin sont ainsi convoqués au cœur de cette procédure thérapeutique extrême ; mais les destins ne sont pas écrits d’avance. Parmi ceux-ci, le refus de la féminité au sens où la position psychique féminine « être pénétré » est insoutenable ; ce refus laisse supposer une confrontation impossible à la perte d’un objet dont l’investissement narcissique est à la hauteur du risque éprouvé.
author Gueniche, Karinne
author_facet Gueniche, Karinne
author_sort Gueniche, Karinne
title Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
title_short Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
title_full Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
title_fullStr Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
title_full_unstemmed Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation
title_sort le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? de l’altérité au risque de l’aliénation
publishDate 2018
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2018-3-page-751?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rfp.823.0751
_version_ 1877246577479778304
spelling cairn-RFP_823_0751RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2018-3-page-751?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.823.0751 Le greffé et le greffon, une double étrangeté nécessaire ? De l’altérité au risque de l’aliénation Gueniche, Karinne2018 ÉtrangetéFémininIdentitéPassivitéTransplantationTravail psychiqueFeminineIdentityPassivityPsychic workStrangenessTransplantationfre Revue française de psychanalyse | 82 | 3 | 2018-07-05 | p. 751-765 | 0035-2942 RFP_82374 La transplantation d’organe impose au patient un remaniement identitaire hors du commun et un travail psychique de traduction/symbolisation dans un contexte où passivité voire passivation se côtoient. Pour le greffé, il s’agit de se laisser pénétrer par l’autre (et ses effets) qui a fait irruption dans l’intériorité corporelle, et se laisser modifier par la rencontre avec cet objet. Position féminine-passive et travail du féminin sont ainsi convoqués au cœur de cette procédure thérapeutique extrême ; mais les destins ne sont pas écrits d’avance. Parmi ceux-ci, le refus de la féminité au sens où la position psychique féminine « être pénétré » est insoutenable ; ce refus laisse supposer une confrontation impossible à la perte d’un objet dont l’investissement narcissique est à la hauteur du risque éprouvé. An organ transplant imposes on the patient an unusual reorganisation of identity and a psychic work of translation/symbolisation in a context where passivity and even passivation are intermingled. For the recipient, it is a matter of letting him/herself be penetrated by the other (and his/her effects) who has entered the interiority of the body, and of letting him/herself be modified by the encounter with this object. The passive-­feminine position and the work of the feminine are thus at the heart of this extreme therapeutic procedure, but the outcomes are not known in advance. Among them is the rejection of femininity in the sense that the feminine psychic position of “being penetrated” is unbearable; this rejection implies the impossibility of facing up to the loss of an object, the narcissistic cathexis of which is commensurate with the risk perceived. El trasplante de órgano impone al paciente un reacondicionamiento identitario fuera de lo común y un trabajo psíquico de traducción/simbolización en un contexto en que pasividad incluso pasivación se frecuentan. Para el trasplantado, se trata de dejarse penetrar por el otro (y sus efectos) que ha irrumpido en el interior corporal, y dejarse modificar por el encuentro con el objeto. Posición femenina-pasiva y trabajo de lo femenino están presentes en el centro de este dispositivo terapéutico extremo, ahora bien, los destinos no están ya escritos. Entre ellos, el rechazo de lo femenino en el sentido en el que la posición psíquica femenina “ser penetrado” es insoportable; el rechazo entreve una confrontación imposible de pérdida de un objeto cuya carga narcisista está al nivel del riesgo experimentado. Die Organtransplantation erfordert vom Patienten eine außergewöhnliche Neugestaltung seiner Identität und eine psychische Arbeit von Übersetzung/Symbolisierung in einem Kontext, wo Passivität und Passivierung miteinander einhergehen. Für den Transplantierten geht es darum, sich von dem Anderen, der in sein Körperinneres hereinbrach (sowie von seinen Auswirkungen) penetrieren zu lassen und sich von der Begegnung mit diesem Objekt verändern zu lassen. Die passiv-weibliche Position und die ‚Arbeit des Weiblichen‘ werden somit bei dieser extremen therapeutischen Prozedur auf den Plan gerufen. Aber die Schicksale sind nicht von vornherein festgelegt. Es kann zur Ablehnung der Weiblichkeit kommen, im Sinne einer psychischen Position, für die „penetriert zu werden“ nicht aushaltbar ist. Diese Weigerung lässt die Unmöglichkeit einer Konfrontation mit dem Verlust eines Objekts vermuten, dessen narzisstische Besetzung der Höhe des erlebten Risikos entspricht.Il trapianto di un organo impone al paziente una riassestamento identitario fuori del comune e un lavoro psichico di traduzione/simbolizzazione in un contesto in cui passività anzi passivazione sono affiancati. Per il paziente che ha subito il trapianto, si trattta di lasciarsi penetrare dall’altro (e i suoi effetti) che ha fatto irruzione nell’inte­riorità corporea, e di lasciarsi modificare dall’incontro con questo oggetto. Posizione femminile-passiva e lavoro del femminile sono cosi’ all’opera al cuore di questa procedura terapeutica estrema; ma i destini non sono scritti in anticipo. Fra questi, il rifiuto della femminilità nel senso in cui la posizione psichica femminile “essere penetrato” è insostenibile; questo rifiuto lascia supporre un confronto impossibile con la perdita di un oggetto il cui investimento narcisistico è all’altezza del rischio vissuto.Cairn free access