Le droit au mensonge : une issue psychique pour pouvoir penser ?

L’auteur, en se référant en particulier à Freud et à Bion, soutient que le mensonge ne serait pas en opposition avec la vérité, celle-ci étant sa substance indispensable. Par contre, ce serait le cas pour le faux, en tant qu’ersatz qui trompe le sujet lui-même. Dans le cas du faux, le lien à l’objet...

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التفاصيل البيبلوغرافية
المؤلف الرئيسي: Schmid-Kitsikis, Elsa
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: 2015
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Schmid-Kitsikis, Elsa
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description L’auteur, en se référant en particulier à Freud et à Bion, soutient que le mensonge ne serait pas en opposition avec la vérité, celle-ci étant sa substance indispensable. Par contre, ce serait le cas pour le faux, en tant qu’ersatz qui trompe le sujet lui-même. Dans le cas du faux, le lien à l’objet se nourrit des mouvements de l’excitation pulsionnelle provoqués par le contact sensoriel et moteur avec celui-ci, alors que le mensonge est censé tromper l’objet interne, l’objet-soi, l’objet autre. Il est en relation avec les objets internes, avec les désirs cachés, inavoués du sujet. Ce qui aurait dû être la vérité est modifié, déformé pour que le sujet puisse « oublier » (le refoulement), ne puisse pas être pris en flagrant délit de ne pas savoir, puisse donner la possibilité à celui qui l’utilise d’obtenir ce qu’il désire, au risque de se sentir coupable, puisse supporter la frustration et les liens trop conflictuels avec l’objet.
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spelling cairn-RFP_791_0159RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2015-1-page-159?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.791.0159 Le droit au mensonge : une issue psychique pour pouvoir penser ? Schmid-Kitsikis, Elsa2015 fauxmensongenon-penséepenséevéritéfalsitylienon-thoughtthoughttruthfre Revue française de psychanalyse | 79 | 1 | 2015-01-29 | p. 159-171 | 0035-2942 RFP_79139 L’auteur, en se référant en particulier à Freud et à Bion, soutient que le mensonge ne serait pas en opposition avec la vérité, celle-ci étant sa substance indispensable. Par contre, ce serait le cas pour le faux, en tant qu’ersatz qui trompe le sujet lui-même. Dans le cas du faux, le lien à l’objet se nourrit des mouvements de l’excitation pulsionnelle provoqués par le contact sensoriel et moteur avec celui-ci, alors que le mensonge est censé tromper l’objet interne, l’objet-soi, l’objet autre. Il est en relation avec les objets internes, avec les désirs cachés, inavoués du sujet. Ce qui aurait dû être la vérité est modifié, déformé pour que le sujet puisse « oublier » (le refoulement), ne puisse pas être pris en flagrant délit de ne pas savoir, puisse donner la possibilité à celui qui l’utilise d’obtenir ce qu’il désire, au risque de se sentir coupable, puisse supporter la frustration et les liens trop conflictuels avec l’objet.The author, referring in particular to Freud and to Bion, argues that the lie is not the opposite of truth, since truth is its indispensable substance. Instead it is falsity that is its opposite, as a substitute that deceives the subject himself. With falsity, the link to the object is nurtured by movements of drive excitation caused by the sensory and motor contact with it, whereas the lie is thought to deceive the internal object, the self-object and the other as object. It relates to the internal objects and the subject’s unadmitted hidden desires. What should have been the truth is changed and distorted so that the subject can ‘forget’ (repression), cannot be caught not knowing something, can enable the person who uses it to obtain what he wants, at the risk of feeling guilty, and can tolerate frustration and the excessively conflictual links with the object.(Traduction de Sophie Leighton.)La autora, tomando como referentes específicos a Freud y Bion, sostiene que la mentira no se opondría a la verdad, ya que ésta es su sustancia indispensable. En cambio, sí lo sería el caso de lo falso, en tanto que sucedáneo que engaña al propio individuo. En el caso de lo falso, el vínculo con el objeto se nutre de movimientos de excitación pulsional provocados por el contacto sensorial y motor con éste, mientras que se considera a la mentira causante de engañar al objeto interno, el objeto-uno, el objeto otro. La misma está en relación con los objetos internos, con los deseos ocultos, inconfesados del individuo. Lo que hubiera tenido que haber sido la verdad está modificado, deformado para que el individuo pueda “olvidar” (la represión), no pueda ser pillado en el flagrante delito de no saber, pueda ofrecer la posibilidad a aquél que se sirve de obtener lo que desea, aunque se sienta culpable, y pueda soportar la frustración y los lazos demasiados conflictivos con el objeto.(Traduction de Mario Gioia.)Indem sie sich insbesondere auf Freud und Bion bezieht, vertritt die Autorin die These, dass die Lüge nicht im Gegensatz zur Wahrheit stehe, die ihre unentbehrliche Substanz sei. Dies gelte jedoch für das Falsche, als einem Ersatz, der das Subjekt selbst täuscht. Im Fall des Falschen speist sich die Beziehung zum Objekt aus triebhaften Erregungen, die durch den sinnlichen Kontakt hervorgerufen und mit ihm zum Motor werden, wohingegen die Lüge dazu bestimmt ist, das innere Objekt, das Selbstobjekt, das Objekt als Anderer zu täuschen. Sie steht in einer Beziehung zu den inneren Objekten, zu den geheimen, uneingestandenen Wünschen des Subjekts. Was die Wahrheit hätte sein sollen wird abgeändert, deformiert, damit das Subjekt „vergessen“ kann (die Verdrängung) und man ihn nicht dabei ertappen kann, nichts davon zu wissen, damit der, der sie benutzt, die Möglichkeit bekommt, das, was er begehrt zu erlangen, und sei es unter dem Risiko, sich schuldig zu fühlen, und damit das Subjekt die Frustration und die zu konflikthaften Beziehungen zum Objekt aushalten kann.(Traduction de Vera Renz.)L’autrice, riferendosi in particolare a Freud e a Bion, sostiene che la menzogna non è in opposizione con la verità, poichè questa è la sua sostanza indispensabile. Invece il falso lo è, in quanto surrogato che inganna il soggetto stesso. Nel caso del falso, il legame all’oggetto si nutre dei movimenti dell’eccitazione pulsionale provocati dal contatto sensoriale e motorio con esso, mentre la menzogna inganna l’oggetto interno, l’oggetto-sé, l’oggetto altro. E’ in realzione con gli oggetti interni, con i desideri nascosti, inconfessati del soggetto. Cio’ che avrebbe dovuto essere la verità viene modificato, deformato affinchè il soggetto possa “dimenticare” (la rimozione), non possa essere colto in flagrante di non sapere, possa dare la possibilità a colui che lo utilizza di ottenere cio’ che desidera, col rischio di sentirsi colpevole, possa sopportare la frustrazione e i legami troppo conflittuali con l’oggetto. (Traduction de Daniela Avakian.)Cairn free access