Prométhée ou le devenir adulte

Si le début de l’adolescence est facilement identifiable, sa fin ou l’entrée dans l’âge adulte est moins évidente. Dans une vision positiviste, l’adulte serait, selon Auguste Comte « l’individu qui a intégré les progrès de la science et qui n’admet plus les préjugés et les superstitions », mais ceci...

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Hovedforfatter: Birraux, Annie
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2013
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFP_772_0392
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language Français
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fin d'adolescence
génitalité
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Birraux, Annie
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description Si le début de l’adolescence est facilement identifiable, sa fin ou l’entrée dans l’âge adulte est moins évidente. Dans une vision positiviste, l’adulte serait, selon Auguste Comte « l’individu qui a intégré les progrès de la science et qui n’admet plus les préjugés et les superstitions », mais ceci est-il suffisant ? Il y a de faux adultes, comme il y a de faux semblants, des hommes et des femmes qui ont terminé leur croissance, qui portent les oripeaux de l’adulte-citoyen, mais qui n’en demeurent pas moins « immatures » au sens où ils souffrent encore de conflits pubertaires. Ceux-là demeurent tyrannisés par leur narcissisme, dépendants des imagos parentales idéalisées, et insatisfaits dans leurs relations à l’autre, sexuelle et affective. Le mythe de Prométhée peut nous donner une idée de ce que représente le devenir adulte, encore que l’organisation intrapsychique du sujet dit adulte demeure un idéal. C’est en le relisant que nous pouvons dégager ce qui nous paraît caractériser ce temps fort de la vie humaine, mais cette lecture ne nous amène pas moins à conclure que la fin de l’adolescence semble désormais « asymptotique » ou qu’en tout cas être adulte demeure une contrainte sociale plus qu’un choix.
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Il y a de faux adultes, comme il y a de faux semblants, des hommes et des femmes qui ont terminé leur croissance, qui portent les oripeaux de l’adulte-citoyen, mais qui n’en demeurent pas moins « immatures » au sens où ils souffrent encore de conflits pubertaires. Ceux-là demeurent tyrannisés par leur narcissisme, dépendants des imagos parentales idéalisées, et insatisfaits dans leurs relations à l’autre, sexuelle et affective. Le mythe de Prométhée peut nous donner une idée de ce que représente le devenir adulte, encore que l’organisation intrapsychique du sujet dit adulte demeure un idéal. C’est en le relisant que nous pouvons dégager ce qui nous paraît caractériser ce temps fort de la vie humaine, mais cette lecture ne nous amène pas moins à conclure que la fin de l’adolescence semble désormais « asymptotique » ou qu’en tout cas être adulte demeure une contrainte sociale plus qu’un choix.Prometheus or the transition to adulthoodAlthough the beginning of adolescence is easily identifiable, its end or the accession to adulthood is less obvious. From a positivist perspective, the adult according to Auguste Comte is ‘the individual who has integrated scientific progress and no longer accepts prejudices or superstitions’, but is this definition adequate? There are false adults, just as there are false appearances, men and women who are fully grown and assume the mantle of the adult citizen, but who nevertheless remain ‘immature’ in the sense that they are still suffering from pubertal conflicts. These subjects are still tyrannised by their narcissism, dependent on idealised parental imagos and unsatisfied in their sexual and emotional relations with the other. The Prometheus myth may provide us with some idea of what the transition to adulthood represents, even though the nominally adult subject’s intrapsychic organisation remains an ideal. By reinterpreting it, we can identify what seems to characterise this intense period in human life, but this interpretation still leads to the conclusion that the end of adolescence must be ‘asymptotic’ or in any case that being adult remains more of a social pressure than a choice.Si el inicio de la adolescencia se puede identificar claramente, el final o el entrar en la edad adulta es menos evidente. Desde una visión positivista el adulto sería, de acuerdo con Auguste Comte “el individuo que ha integrado los progresos de la ciencia y que ya no admite ni los prejuicios ni las supersticiones”, ¿Pero esto acaso basta? Existen falsos adultos y también apariencias engañosas, en cuanto a hombres y mujeres que han terminado el crecimiento, que lucen los oropeles del adulto-ciudadano, pero que siguen siendo “inmaduros” desde la óptica que padecen aún conflictos pubertarios: los mismos están tiranizados por su narcisismo, dependientes de los imagos parentales idealizados, e insatisfechos en sus relaciones con el otro, sexual y afectiva. El mito de Prometeo puede esbozar una idea de lo que representa el hacerse adulto, aunque la organización intrasíquica del individuo llamado adulto resta un ideal. Es al volverlo a leer cuando podemos diferenciar lo que nos parece caracterizar a ese tiempo fuerte de la vida humana, pero esta lectura no nos conduce tampoco a concluir diciendo que el fin de la adolescencia se vislumbra desde ahora “asintótico” o bien que que ser adulto resta una obligación social más que una elección.Der Anfang der Adoleszenz lässt sich zwar leicht feststellen, aber ihr Ende oder der Einstieg ins Erwachsenenalter ist weit weniger offensichtlich. Laut Auguste Comte ist der Erwachsene in einer positivistischen Sichtweise “das Individuum, das die Fortschritte der Wissenschaft integriert hat und nicht mehr den Vorurteilen und dem Aberglauben nachhängt”. Ist dies aber ausreichend? Es gibt Pseudo-Erwachsene, Männer und Frauen, die ihr Wachstum abgeschlossen haben, die eine Erwachsenenkleidung tragen und dennoch in dem Sinne “unreif” bleiben, dass sie noch unter Pubertätskonflikten leiden: sie werden von ihrem Narzissmus tyrannisiert, bleiben abhängig von idealisierten Elternimagos und sind unbefriedigt in ihren sexuellen und affektiven Beziehungen mit Anderen. Der Mythos des Prometheus kann uns eine Vorstellung davon geben, was es heisst, erwachsen zu werden, auch wenn die intrapsychische Organisation des sogenannten Erwachsenen eine Idealvorstellung bleibt. Seine Lektüre ermöglicht uns, herauszuarbeiten was diese intensive Zeit im menschlichen Leben charakterisiert, aber sie führt uns auch zu der Schlussfolgerung, dass das Ende der Adoleszenz künftig « asymptotisch » zu sein scheint oder auf jeden Fall das Erwachsensein eher einen sozialen Zwang als eine Wahl darstellt.Se l’inizio dell’adolescenza è facilmente identificabile, la sua fine o l’entrata nell’età adulta è meno ovvia. In una visione positivista l’adulto sarrebbe, secondo Auguste Compte, « l’individuo che ha integrato i progressi scientifici e che non ammette più i pregiudizi e le superstsizioni », ma cio’ è sufficente? Ci sono falsi adulti, come ci sono false apparenze, uomini e donne che hanno finito la crescita, che portano gli orpelli dell’adulto-cittadino, ma che sono rimasti « immaturi » nel senso che soffrono ancora di conflitti puberali. Essi rimangono tiranneggiati dal loro narcisismo, dipendenti dalle imago genitoriali idealizzate, e insoddisfatti nei rapporti (sessuali e affettivi) con gli altri. Il mito di Prometeo puo’ darci un idea di quello che rappresenta il diventare adulto, anche se l’organizzazione intrapsichica del soggetto detto adulto rimane un ideale. Rileggendolo si puo’ trarre cio’ che ci sembra caratterizzare questo momento forte della vita umana, ma questa lettura ci porta comunque a concludere che la fine dell’adolescenza sembra ormai « asintotica » o che in ogni caso essere adulto rimane un obbligo sociale più che una scelta.Cairn free access