Trois brèves remarques à propos du dialogue de Françoise Coblence avec l'histoire de la philosophie

RésuméLes rapports de F. Coblence, écrit et oral, se tiennent entre trois formules : « Psyché est étendue, n’en sait rien » ; « Psyché est corporelle, n’en sait rien » ; « Psyché est corporelle, le sait bien, mais heureusement ne cesse de l’oublier. » Première remarque : « Psyché est corporelle, n’e...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Colin, Bertrand
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2011
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Descripció
Sumari:RésuméLes rapports de F. Coblence, écrit et oral, se tiennent entre trois formules : « Psyché est étendue, n’en sait rien » ; « Psyché est corporelle, n’en sait rien » ; « Psyché est corporelle, le sait bien, mais heureusement ne cesse de l’oublier. » Première remarque : « Psyché est corporelle, n’en sait rien » marque le tournant cartésien et résulte d’une première réduction, épistémologique, définissant l’objet de la science. Une deuxième réduction, ontologique, en est le corrélat. Deuxième remarque : le moi cartésien est aussi corporel ; ainsi est-il « scindé », tout comme le moi freudien « divisé » et conflictuel. Troisième remarque : « Psyché est corporelle, n’en sait rien » est une formule parfaitement cohérente avec une troisième réduction, phénoménologique, telle que définie par Husserl. Cette troisième réduction procède d’une réinterprétation du moi cartésien, moyennant le détour par le « toucher » aristotélicien. Une conséquence de ces « réductions », toutes trois ancrées dans le tournant cartésien, est l’empêchement d’une approche totalisante ou holiste. « Psyché est corporelle, le sait bien, mais s’empresse de l’oublier » témoignerait de cet empêchement. Une tension « moderne », postcartésienne, entre monisme et dualisme, résulte nécessairement de cette rupture avec toute forme d’holisme. Deux philosophes contemporains, au demeurant fort différents l’un de l’autre, inspirent l’essentiel de ces réflexions : M. Gauchet et J.-L. Marion.