Le charme inquiétant de la beauté

“ Tout le monde raisonne du Beau ”, écrit Diderot. Il est cependant bien difficile de donner une définition de la beauté qui soit satisfaisante, ajoute l’Encyclopédiste.Pur reflet narcissique ou promesse de découverte, la Beauté depuis Platon a le privilège de se situer à la fois dans le monde sensi...

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Auteur principal: Rabain, Jean-François
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2003
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beauté
Esthétique de la perversion
Lasthénie de Ferjol
Marie d'Égypte
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description “ Tout le monde raisonne du Beau ”, écrit Diderot. Il est cependant bien difficile de donner une définition de la beauté qui soit satisfaisante, ajoute l’Encyclopédiste.Pur reflet narcissique ou promesse de découverte, la Beauté depuis Platon a le privilège de se situer à la fois dans le monde sensible et dans le monde intelligible, elle apparaît au détour d’un regard en même temps qu’elle ouvre à l’intériorité. “ Le plaisir de faire voir mon âme s’appelle beauté ”, écrit J. Kristeva à propos d’un vers de Ronsard.Le charme inquiétant de la beauté, nous le retrouvons en clinique dans l’image du corps des jeunes anorexiques qui nous fascinent aussi bien qu’elles nous figent. En évoquant Marie d’Égypte, l’héro ïne de J. Lacarrière, on décrit ici l’expérience de ces jeunes filles anorexiques qui, loin des artistes du Body-Art et de leurs “ Performances ”, font subir à leur corps les terribles épreuves des anachorètes. Leur trouble ne nous renvoie-t.il pas à une esthétique de la perversion ?
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Il est cependant bien difficile de donner une définition de la beauté qui soit satisfaisante, ajoute l’Encyclopédiste.Pur reflet narcissique ou promesse de découverte, la Beauté depuis Platon a le privilège de se situer à la fois dans le monde sensible et dans le monde intelligible, elle apparaît au détour d’un regard en même temps qu’elle ouvre à l’intériorité. “ Le plaisir de faire voir mon âme s’appelle beauté ”, écrit J. Kristeva à propos d’un vers de Ronsard.Le charme inquiétant de la beauté, nous le retrouvons en clinique dans l’image du corps des jeunes anorexiques qui nous fascinent aussi bien qu’elles nous figent. En évoquant Marie d’Égypte, l’héro ïne de J. Lacarrière, on décrit ici l’expérience de ces jeunes filles anorexiques qui, loin des artistes du Body-Art et de leurs “ Performances ”, font subir à leur corps les terribles épreuves des anachorètes. Leur trouble ne nous renvoie-t.il pas à une esthétique de la perversion ?“ Everybody discusses beauty ”, wrote Diderot. It is nevertheless very difficult to give a definition of beauty that is satisfactory, adds the Encyclopedia entry.In so far as it is a pure narcissistic reflection or promise of discovery, Beauty since Plato has the privilege of being situated both in the world of feeling and in the intelligible world ; it appears at a turn of the head at the same time as it opens onto the interior. “ The pleasure of showing my soul is called beauty ”, writes J. Kristeva regarding a verse by Ronsard.The uncanny charm of beauty can be found in the clinic in the image of the bodies of young anorexics who are as fascinating as they root us to the spot. With an allusion to Mary of Egypt, J. Lacarrière’s heroine, we describe here the experience of those young anorexic girls, who, far from the artists of Body-Art and their “ Performances ”, subject their bodies to the terrible tests of anchorites. Does not their problem refer to an aesthetic of perversion ?“ Todos hablan de la Belleza ” escribió Diderot. Sin embargo es muy difícil dar una definición de la belleza que satisfaga, añade El Enciclopedista.Puro reflejo narcisista o promesa de descubrimiento, la Belleza desde Platón tiene el privilegio de estar situada a la vez en el mundo sensible y en el mundo inteligible, aparece a la vuelta de una mirada al mismo tiempo que da apertura a lo interior. “ El placer de hacer ver mi alma se llama belleza ”, escribe J. Kristeba en relación con un verso de Ronsard. El encanto preocupante de la belleza lo encontramos en la clínica en la imagen del cuerpo de los jóvenes anoréxicos que nos fascinan tanto como nos inmobilizan. Evocando María de Egipto, la heroína de J. Lacarrière, describimos la experiencia de las jóvenes anoréxicas que, lejos de los artistas del Body-Art y de sus “ hazañas ”, hacen padecer a sus cuerpos el terrible soportar de los anacoretas. ¿ Acaso su trastorno no nos reenvía a una estética de la perversión ?“ Alle bedenken das Schöne ”, schreibt Diderot. Es ist jedoch sehr schwierig, eine befriedigende Definition der Schönheit zu geben, fügt der Enzyklopädist hinzu.Reiner narzisstischer Abglanz oder Versprechen der Entdeckung, hat die Schönheit seit Platon das Privileg, sich sowohl in der sensiblen als auch in der verständlichen Welt zu befinden ; sie erscheint auf dem Umweg eines Blickes und eröffnet gleichzeitig die Beziehung zum Innern. “ Die Lust, meine Seele zu zeigen, heisst Schönheit ” schreibt J. Kristeva, in Beziehung auf einen Vers von Ronsard.Den beunruhigenden Charme der Schönheit finden wir in der Klinik wieder im Körperbild der jungen an Anorexie leidenden Patienten, welche uns sowohl faszinieren als auch erstarren lassen. Indem er Marie aus Ägypten, die Heldin von J. Lacarrière zitiert, beschreibt der Autor hier die Erfahrung dieser an Anorexie leidenden Mädchen, welche, weit von den Künstlern der Body-Art und ihren “ Performances ” entfernt, ihre Körper den schrecklichen Proben der Anachoreten unterlegen. Weist uns ihre Störung nicht auf eine Ästhetik der Perversion zurück ?“ Tutti ragionano sul Bello ”, scrive Diderot. Tuttavia è difficile di dare una definizione soddisfacente del bello, aggiunge l’Enciclopedista. Per un riflesso narcisistico o di una promessa di scoprire, da Platone in poi la Bellezza ha il privilegio di situarsi sia nel mondo sensibile que in quello intelligibile ; essa apparirebbe ad una svolta dello sguardo aprendo cosi all’interiore. “ Il piacere di far vedere la mia anima si chiama bellezza ”, scrive J. Kristéva a proposito di un verso di Ronsard. L’inquietante fascino della bellezza nella clinica lo ritroviamo nell’immagine del corpo di giovani anoressiche che ci affascinano tanto quanto ci impetriscono. Evocando Maria d’Egitto, l’eroina di J. Lacarrière, viene qui descritta l’esperienza di queste giovani anoressiche che, lungi dagli artisti del Body-art e delle loro “ Performences ”, fanno subire al corpo le terribile prove degli anacoreti. Le loro perturbazioni non ci rimandano ad una estetica della perversione ?Cairn free access