Indian Nations, Indian Tribes: Notes on the Colonial Career of Twin Concepts
Loin d’être un concept émancipateur, le concept de nation appliqué aux Indiens a permis de construire une relation spécifique, de type colonial, avec l’État fédéral aux États-Unis. Il est en cela très proche du concept de tribu, dont il a toujours été mal distingué. Le comprendre comme l’instrument...
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| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Français |
| Έκδοση: |
2016
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| Θέματα: | |
| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RFEA_144_0049RFEARevue française d’études américaines https://shs.cairn.info/revue-francaise-d-etudes-americaines-2015-3-page-49?lang=en https://doi.org/10.3917/e.rfea.144.0049 Indian Nations, Indian Tribes: Notes on the Colonial Career of Twin Concepts Grillot, Thomas2016 AmérindiensCherokeescolonialismenationSiouxsouverainetéCherokeescolonialism/colonizationnationNative AmericansSiouxsovereigntyfre Revue française d’études américaines | 144 | 3 | 2016-05-24 | p. 49-61 | 0397-7870 RFEA_14473 Loin d’être un concept émancipateur, le concept de nation appliqué aux Indiens a permis de construire une relation spécifique, de type colonial, avec l’État fédéral aux États-Unis. Il est en cela très proche du concept de tribu, dont il a toujours été mal distingué. Le comprendre comme l’instrument d’une décolonisation intellectuelle et légale, comme c’est aujourd’hui souvent le cas, paraît donc peu productif. Limité dès le xviiie siècle dans leur capacité à mobiliser la philosophie du droit naturel sous-tendant l’usage politique du concept de nation dans le contexte européen, les groupes indiens ont dû se contenter d’en faire un usage restreint, correspondant à un ensemble de droits limités et définis avant tout par l’État américain. Jusqu’aux années 1930, le terme de nation appliqué aux Indiens ne sert d’ailleurs qu’à désigner un état temporaire de séparation vis-à-vis du corps politique américain, promis à la disparition par annihilation ou assimilation. Après le « New deal indien » lancé en 1934, les groupes indiens dans les réserves n’ont jamais pu prétendre recouvrer l’ensemble des attributions habituellement reconnues aux nations. Leur statut de nations continue donc de recouvrir une forme spécifique de souveraineté, entre celles des États fédérés et de l’État fédéral ; une souveraineté limitée qui les place à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la nation américaine.Cairn free access |
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Loin d’être un concept émancipateur, le concept de nation appliqué aux Indiens a permis de construire une relation spécifique, de type colonial, avec l’État fédéral aux États-Unis. Il est en cela très proche du concept de tribu, dont il a toujours été mal distingué. Le comprendre comme l’instrument d’une décolonisation intellectuelle et légale, comme c’est aujourd’hui souvent le cas, paraît donc peu productif. Limité dès le xviiie siècle dans leur capacité à mobiliser la philosophie du droit naturel sous-tendant l’usage politique du concept de nation dans le contexte européen, les groupes indiens ont dû se contenter d’en faire un usage restreint, correspondant à un ensemble de droits limités et définis avant tout par l’État américain. Jusqu’aux années 1930, le terme de nation appliqué aux Indiens ne sert d’ailleurs qu’à désigner un état temporaire de séparation vis-à-vis du corps politique américain, promis à la disparition par annihilation ou assimilation. Après le « New deal indien » lancé en 1934, les groupes indiens dans les réserves n’ont jamais pu prétendre recouvrer l’ensemble des attributions habituellement reconnues aux nations. Leur statut de nations continue donc de recouvrir une forme spécifique de souveraineté, entre celles des États fédérés et de l’État fédéral ; une souveraineté limitée qui les place à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la nation américaine. |
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