La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?

La médecine esthétique a pris ces dernières années une place de plus en plus importante au sein de la dermatologie. Nous nous interrogeons sur la légitimité de l’offre de soins à visée purement esthétique venant de la part de médecins : est-elle antinomique avec la vocation médicale ? Le matériau em...

Celý popis

Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Hlavní autor: Hefez, Louise
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFEAP_005_0095
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic beauté
déontologie médicale
dermatologie
éthique
médecine esthétique
normes sociales
responsabilité médicale
soin
beauty
cosmetic medicine
dermatology
ethics
healthcare
medical deontology
medical responsibility
social norms
spellingShingle beauté
déontologie médicale
dermatologie
éthique
médecine esthétique
normes sociales
responsabilité médicale
soin
beauty
cosmetic medicine
dermatology
ethics
healthcare
medical deontology
medical responsibility
social norms
Hefez, Louise
La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
topic_facet beauté
déontologie médicale
dermatologie
éthique
médecine esthétique
normes sociales
responsabilité médicale
soin
beauty
cosmetic medicine
dermatology
ethics
healthcare
medical deontology
medical responsibility
social norms
description La médecine esthétique a pris ces dernières années une place de plus en plus importante au sein de la dermatologie. Nous nous interrogeons sur la légitimité de l’offre de soins à visée purement esthétique venant de la part de médecins : est-elle antinomique avec la vocation médicale ? Le matériau empirique de notre recherche est un corpus de quinze entretiens qualitatifs autour de la médecine esthétique réalisés principalement avec des dermatologues venant de différents horizons. Nous avons également analysé les illustrations et le vocabulaire de sites Internet de dermatologues esthétiques. La question de l’argent est apparue comme centrale avec le problème d’une médecine dévoyée, mensongère, devenue commerce. Une seconde problématique s’est dessinée : celle de la pérennisation d’une standardisation des normes de beauté par des médecins. Est-ce le rôle d’un médecin que de participer à une certaine tyrannie de l’apparence, à une « pathologisation » du vieillissement et à un contrôle des corps en particulier féminins, menant les femmes à un gouvernement de soi se traduisant par la traque de la moindre « déviance esthétique » ? Cela questionne la légitimité du pouvoir spécifique médical et conduit également à se demander s’il n’y a pas un changement de paradigme : est-ce que le médecin qui vise à l’amélioration esthétique de ses patients est toujours un médecin ? La médecine esthétique est cependant pratiquée par de nombreux soignants soucieux de la prise en charge globale de leurs patients, c’est même à certains égards un prolongement de la dermatologie ; en introduisant les notions de tact et de mesure hippocratiques, on peut dépasser certains clivages. Les pratiques esthétiques médicales ont pris une telle ampleur que cela n’aurait pas de sens de les rejeter en bloc : il faut accompagner la société dans cette évolution, susciter une prise de conscience chez les soignants, avec une réflexion attentive au plus près de l’éthique et des pratiques. Celle-ci conduit in fine à se demander s’il faut faire de la médecine strictement esthétique un métier à part entière, et ainsi reconnaître la légitimité d’une médecine non seulement non thérapeutique mais plus encore non soignante, relevant alors de l’art ou de l’artisanat.
author Hefez, Louise
author_facet Hefez, Louise
author_sort Hefez, Louise
title La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
title_short La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
title_full La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
title_fullStr La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
title_full_unstemmed La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
title_sort la dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ?
publishDate 2018
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-francaise-d-ethique-appliquee-2018-1-page-95?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rfeap.005.0095
_version_ 1877246553088851968
spelling cairn-RFEAP_005_0095RFEAPRevue française d'éthique appliquée https://shs.cairn.info/revue-francaise-d-ethique-appliquee-2018-1-page-95?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfeap.005.0095 La dermatologie esthétique est-elle encore une médecine ? Hefez, Louise2018 beautédéontologie médicaledermatologieéthiquemédecine esthétiquenormes socialesresponsabilité médicalesoinbeautycosmetic medicinedermatologyethicshealthcaremedical deontologymedical responsibilitysocial normsfre Revue française d'éthique appliquée | 5 | 1 | 2018-05-14 | p. 95-108 | 2494-5757 RFEAP_00567 La médecine esthétique a pris ces dernières années une place de plus en plus importante au sein de la dermatologie. Nous nous interrogeons sur la légitimité de l’offre de soins à visée purement esthétique venant de la part de médecins : est-elle antinomique avec la vocation médicale ? Le matériau empirique de notre recherche est un corpus de quinze entretiens qualitatifs autour de la médecine esthétique réalisés principalement avec des dermatologues venant de différents horizons. Nous avons également analysé les illustrations et le vocabulaire de sites Internet de dermatologues esthétiques. La question de l’argent est apparue comme centrale avec le problème d’une médecine dévoyée, mensongère, devenue commerce. Une seconde problématique s’est dessinée : celle de la pérennisation d’une standardisation des normes de beauté par des médecins. Est-ce le rôle d’un médecin que de participer à une certaine tyrannie de l’apparence, à une « pathologisation » du vieillissement et à un contrôle des corps en particulier féminins, menant les femmes à un gouvernement de soi se traduisant par la traque de la moindre « déviance esthétique » ? Cela questionne la légitimité du pouvoir spécifique médical et conduit également à se demander s’il n’y a pas un changement de paradigme : est-ce que le médecin qui vise à l’amélioration esthétique de ses patients est toujours un médecin ? La médecine esthétique est cependant pratiquée par de nombreux soignants soucieux de la prise en charge globale de leurs patients, c’est même à certains égards un prolongement de la dermatologie ; en introduisant les notions de tact et de mesure hippocratiques, on peut dépasser certains clivages. Les pratiques esthétiques médicales ont pris une telle ampleur que cela n’aurait pas de sens de les rejeter en bloc : il faut accompagner la société dans cette évolution, susciter une prise de conscience chez les soignants, avec une réflexion attentive au plus près de l’éthique et des pratiques. Celle-ci conduit in fine à se demander s’il faut faire de la médecine strictement esthétique un métier à part entière, et ainsi reconnaître la légitimité d’une médecine non seulement non thérapeutique mais plus encore non soignante, relevant alors de l’art ou de l’artisanat.Aesthetic medicine’s importance in dermatology has steadilygrown in recent years. We wonder about the legitimacy of medical physicians offering purely cosmetic care.The empirical material of our research is interviews of fifteen dermatologists from various backgrounds regarding aesthetic medicine, as well as the analysis of the vocabulary and visual elements of several dermatological websites. The question of money seems crucial, with the issue of a misleading and lying medicine that has become business like. The physicians’ role in endowing a standardization of norms of beauty seems even more problematical. Is it really a medical doctors prerogative to participate in the tyranny of appearance and looks, making ageing an illness, and controlling, in particular, women’s bodies, encouraging them to track down every little aesthetic deviance? We question the legitimacy of medical power, and wonder about a change of paradigm: is a doctor who wants to make his patient look better instead of healing him is still a doctor, or do we need to find another concept? However, many physicians who genuinely care about the global care of their patients practice aesthetic procedures, which form in a way an authentic branch of dermatology. We have tried to overcome what we first saw as a rift by introducing the Hippocratical notions of tact and measure. There are now so many aesthetic procedures done that it wouldn’t make sense to reject them all as a block. Hence the necessity to accompany our society in this evolution with careful thought; the need to stir up a reflexion amongst care givers, as close to ethical and proper medical practices as possible. This leads in the end to the proposal of a new category of medicine, which would be non-therapeutic, and would belong more to the field of art and craft than thus of care giving.Cairn free access