Nos algorithmes peuvent-ils être plus justes que nous ?

La manière dont on pose spontanément le problème – en questionnant la responsabilité ou l’irresponsabilité des algorithmes, ou en cherchant à leur attribuer de manière définitive une pleine subjectivité ou une mesure d’agentivité – repose sur des fondements théoriques dont on fera apparaître qu’ils...

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Auteur principal: Pencolé, Marc-Antoine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2018
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spelling cairn-RFEAP_005_0067RFEAPRevue française d'éthique appliquée https://shs.cairn.info/revue-francaise-d-ethique-appliquee-2018-1-page-67?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfeap.005.0067 Nos algorithmes peuvent-ils être plus justes que nous ? Pencolé, Marc-Antoine2018 algorithmesmédiationnormespair-à-pairtechniquealgorithmsmediationnormspeer-to-peertechnicsfre Revue française d'éthique appliquée | 5 | 1 | 2018-05-14 | p. 67-80 | 2494-5757 RFEAP_00565 La manière dont on pose spontanément le problème – en questionnant la responsabilité ou l’irresponsabilité des algorithmes, ou en cherchant à leur attribuer de manière définitive une pleine subjectivité ou une mesure d’agentivité – repose sur des fondements théoriques dont on fera apparaître qu’ils sont intenables. En prenant un point de départ théorique plus solide – en pensant la coconstitution des médiations techniques et des sujets – et en étudiant en détail le cas particulier des communautés d’échanges de pair-à-pair (ou P2P) –, nous confirmerons l’intuition commune selon laquelle la délégation de la décision morale ou éthique à un algorithme peut relever d’une forme de dépossession, mais nous montrerons qu’elle peut aussi, sous certaines conditions, en assurer l’effectivité. Certaines exigences normatives peuvent avoir besoin de la puissance collective projetée dans un algorithme dépositaire de la charge morale pour être réalisées de manière satisfaisante, et ce précisément de par la factualité de l’algorithme, de par son extériorité à la subjectivité humaine.The way we spontaneously frame the problem – whether by questioning algorithm’s (ir)responsability, or by trying to positively grant them a full subjectivity or some measure of agentivity – rests on theoretical grounds that appear to be essentially flawed. We will find a steadier ground in a theory of the co-constitution of the subjects and their technical mediations, and we will study the particular case of peer-to-peer (P2P) exchange communities, to eventually confirm the common intuition according to which the delegation of a moral or ethical decision to an algorithm may fall within the field of dispossession, yet also show that under certain circumstances, it could also be the condition of its effectivity. Certain normative demands could require the collective power that is being cast into an algorithm, which then holds up the moral load, to be fulfilled – precisely on account of the factuality of the algorithm, of its exteriority to human subjectivity.Cairn free access
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