La sexualité a-t-elle un passé ?

La façon de percevoir l’amour et la sexualité des sociétés grecque et romaine est fort différente de celle des sociétés occidentales contemporaines en ce que l’identité de sexe des individus n’entre que peu en considération pour caractériser l’érotisme et les plaisirs. Dans la poésie archaïque (VIIe...

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Hoofdauteur: Boehringer, Sandra
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2010
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spelling cairn-REP_010_0189REPRecherches en psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-recherches-en-psychanalyse1-2010-2-page-189?lang=fr https://doi.org/10.3917/rep.010.0189 La sexualité a-t-elle un passé ? Boehringer, Sandra2010 AlcmanamourAnacréonAntiquitédésirérôsGrècePindarePlatonpoésieRomeSapphosexualitéAlcmanAnacreonAntiquitydesireerosGreecelovePindarosPlatopoetryRomeSapphosexualityfre Recherches en psychanalyse | 10 | 2 | 2010-05-01 | p. 189-201 | 1767-5448 REP_01075 La façon de percevoir l’amour et la sexualité des sociétés grecque et romaine est fort différente de celle des sociétés occidentales contemporaines en ce que l’identité de sexe des individus n’entre que peu en considération pour caractériser l’érotisme et les plaisirs. Dans la poésie archaïque (VIIe-VIe siècles avant notre ère), les poètes insistent avant tout sur les effets d’érôs et sa force, en évoquant les atteintes sur le corps de la personne touchée (celle qui aime) et les sensations paradoxales qu’elle ressent (sensation de dissolution, perte des repères, douceur). Dans ces contextes, l’émotion et le désir caractérisent indistinctement les amours entre hommes et jeunes hommes, entre femmes, entre homme et femmes. Au IVe siècle, dans un passage du Banquet devenu célèbre pour son évocation de la figure de l’androgyne, Platon élabore un mythe philosophique qui, loin d’expliquer l’origine d’une anachronique « hétérosexualité » ou « homosexualité », déploie les facettes d’un erôs comme élan. Ces approches du monde antique, avec l’outil du genre, permettent d’historiciser les catégories de sexe et de sexualité et, par effet de conséquence, mettent en évidence la dimension culturelle et construite – la dimension politique – de la sexualité contemporaine.Perspectives on love and sexuality in the Ancient Greek and Roman societies differ greatly from those of contemporary western societies, in that the sexual identity of individuals has little bearing on the characterization of erotic life and pleasure. In ancient poetry (7th–6th century BCE), the poets emphasize especially the effects and the force of eros, referring to the way the lover’s body is affected and the paradoxical sensations he or she experiences (feelings of dissolution, losing oneself, feelings of loveliness). In this context, emotion and desire are the characteristics of love between older and younger men, between women, between a woman and man, without discrimination. In the 4th century, a passage of the Symposium, which has become famous for its portrayal of the figure of the “androgynous”, Plato elaborates a philosophical myth which, far from explaining the origin of anachronistic “heterosexuality” or “homosexuality”, displayes the aspects of an eros as a lifeforce. Looking at the ancient world using the concept of gender as our tool enables us to historicize the categories of sex and sexuality and thus highlight the cultural and constructed dimension – the political dimension – of contemporary sexuality.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
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