Langue et migration

RésuméNous verrons comment, au travers de l’histoire d’un enfant philippin de 8 ans, la langue a pu jouer un rôle essentiel dans les bouleversements de cette famille mais aussi comment cette langue du pays d’accueil peut être l’instrument principal à un nouvel équilibre familial et filiatif. Paulo s...

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Bibliografske podrobnosti
Auteurs principaux: Lhomme-Rigaud, Colette, Désir, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2005
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-REP_004_0089
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spelling cairn-REP_004_0089REPRecherches en psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-recherches-en-psychanalyse1-2005-2-page-89?lang=fr https://doi.org/10.3917/rep.004.0089 Langue et migration Lhomme-Rigaud, ColetteDésir, Philippe2005 clivage culturelechec scolaireinterculturellangueparentificationpont culturelréactivation œdipiennesurmoicultural bridgecultural cleavageinterculturallanguagelearning difficultiesœdipal reactivationparentificationsuperegofre Recherches en psychanalyse | 4 | 2 | 2005-11-01 | p. 89-101 | 1767-5448 REP_00471 RésuméNous verrons comment, au travers de l’histoire d’un enfant philippin de 8 ans, la langue a pu jouer un rôle essentiel dans les bouleversements de cette famille mais aussi comment cette langue du pays d’accueil peut être l’instrument principal à un nouvel équilibre familial et filiatif. Paulo s’est construit sur un clivage culturel, une séparation entre deux mondes: celui du «dedans» (la famille) et celui du «dehors» (le pays d’accueil), rentrant continuellement en conflit.Paulo a du appréhender seul ce monde étranger, source d’angoisse et infligé du poids des angoisses transmises de ses parents. Dans ce contexte Paulo portera la lourde tâche de guider et d’intégrer toute sa famille, du fait que, essentiellement par l’école, il connaît mieux les codes et la langue du pays d’accueil. Il en ressort un bouleversement dans l’ordre des générations qui fait de ces enfants ce que nous avons nommé des «enfants pères». La réactivation œdipienne qui en découle est accompagnée d’un sentiment de toute puissance, accentué par le processus de parentification par le père de Paulo, qui prend sa source dans le sentiment de castration de ce dernier.Il est apparu que par l’acquisition du français, le père de Paulo a réussi à instaurer un double «pont»: un pont du singulier au collectif, dans ce sens qu’il peut maintenant être pour son fils une figure rassurante et guidante, un guide à la socialisation, une image à laquelle il peut s’identifier, mais aussi un pont culturel, ou devrais-je dire «inter-culturel», dans ce sens que ce père, ayant acquis la langue du pays d’accueil et comprenant de fait beaucoup mieux la culture du pays d’accueil, permet à Paulo de diminuer le clivage culturel qu’il avait mis en place.Through the story of an 8 year-old Filipino child, we will see how language played the leading role in the ups and downs his family was subjected to, but also how the language of the welcoming country can become the main instrument of a new family and filial balance. Paulo built himself on a cultural cleavage, a separation between two worlds: the one «inside» (the family) and the other «outside» (the welcoming country), each constantly conflicting with the other.Alone, Paulo had to come to grips with this foreign world, a source of anguish for him and heavy with the weight of the distress transmitted to him by his parents. In this context, Paulo had to carry on his slender shoulders the mighty task of guiding and helping his whole family in their integration, since he was the one that was most familiar with the codes and language of the welcoming country that he had picked up at school. This resulted in an upheaval in the order of generations, which makes these children what we call «child-fathers». The œdipal reactivation which follows is accompanied by a feeling of omnipotence, accentuated by the process of parentification carried out by Paulo’s father, rooted in the latter’s feeling of castration.By learning French, it seems that Paulo’s father succeeded in setting up a double «bridge»: a bridge from the singular to the collective, in the sense that he could now be a reassuring and guiding figure for his son, a guide towards socialisation, an image with which he could identify, but also a cultural bridge, or should I say «intercultural», in the sense that this father, having acquired the language and thus a much better understanding of the culture of the welcoming country, enabled Paulo to reduce the cultural cleavage that he had put into place.Cairn free access
language Français
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description RésuméNous verrons comment, au travers de l’histoire d’un enfant philippin de 8 ans, la langue a pu jouer un rôle essentiel dans les bouleversements de cette famille mais aussi comment cette langue du pays d’accueil peut être l’instrument principal à un nouvel équilibre familial et filiatif. Paulo s’est construit sur un clivage culturel, une séparation entre deux mondes: celui du «dedans» (la famille) et celui du «dehors» (le pays d’accueil), rentrant continuellement en conflit.Paulo a du appréhender seul ce monde étranger, source d’angoisse et infligé du poids des angoisses transmises de ses parents. Dans ce contexte Paulo portera la lourde tâche de guider et d’intégrer toute sa famille, du fait que, essentiellement par l’école, il connaît mieux les codes et la langue du pays d’accueil. Il en ressort un bouleversement dans l’ordre des générations qui fait de ces enfants ce que nous avons nommé des «enfants pères». La réactivation œdipienne qui en découle est accompagnée d’un sentiment de toute puissance, accentué par le processus de parentification par le père de Paulo, qui prend sa source dans le sentiment de castration de ce dernier.Il est apparu que par l’acquisition du français, le père de Paulo a réussi à instaurer un double «pont»: un pont du singulier au collectif, dans ce sens qu’il peut maintenant être pour son fils une figure rassurante et guidante, un guide à la socialisation, une image à laquelle il peut s’identifier, mais aussi un pont culturel, ou devrais-je dire «inter-culturel», dans ce sens que ce père, ayant acquis la langue du pays d’accueil et comprenant de fait beaucoup mieux la culture du pays d’accueil, permet à Paulo de diminuer le clivage culturel qu’il avait mis en place.
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