Cartographies de l’ombre. Corps, exil et résistance

Dans une scénographie politique de normalisation de la violence extrême, caractéristique du monde contemporain, les États-nations européens proposent des politiques migratoires élaborées dans le cadre d’un régime de souveraineté qui a le pouvoir d’exposer à la mort les personnes en exil. Pris dans u...

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Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Vilela, Eugénia
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2023
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Vilela, Eugénia
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description Dans une scénographie politique de normalisation de la violence extrême, caractéristique du monde contemporain, les États-nations européens proposent des politiques migratoires élaborées dans le cadre d’un régime de souveraineté qui a le pouvoir d’exposer à la mort les personnes en exil. Pris dans une logique de cruauté, l’étranger est immobilisé dans des espaces d’exception, où la présence spectrale de la mort compose une forme de violence qui s’infiltre dans les mots et les gestes. Ces espaces de déracinement – ces zones grises – ouvrent une blessure dans le corps du monde. À partir des mots d’Ammar, refugié syrien qui a traversé une des zones grises des politiques migratoires européennes – la zone frontalière entre la Biélorussie et la Pologne –, on pensera les cartographies de l’ombre dans lesquelles les corps en exil deviennent des champs de bataille. Entre l’assignation mortifère d’un corps à un espace d’enfermement et la force déchaînée par un corps qui résiste s’opèrent des mouvements qui produisent des réalités inattendues. Ces mouvements – qui témoignent de différentes manières de se confronter au monde – peuvent composer des actions politiques créées par les corps et les gestes des personnes en exil. Il s’agit de trouver l’angle mort des pouvoirs par le mouvement du corps, par les gestes qui redessinent le temps. Dans la diagonale entre le passé et le futur, les corps intègrent et déplacent les représentations. Ils ouvrent, par leurs gestes, un espace-temps de résistance.
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À partir des mots d’Ammar, refugié syrien qui a traversé une des zones grises des politiques migratoires européennes – la zone frontalière entre la Biélorussie et la Pologne –, on pensera les cartographies de l’ombre dans lesquelles les corps en exil deviennent des champs de bataille. Entre l’assignation mortifère d’un corps à un espace d’enfermement et la force déchaînée par un corps qui résiste s’opèrent des mouvements qui produisent des réalités inattendues. Ces mouvements – qui témoignent de différentes manières de se confronter au monde – peuvent composer des actions politiques créées par les corps et les gestes des personnes en exil. Il s’agit de trouver l’angle mort des pouvoirs par le mouvement du corps, par les gestes qui redessinent le temps. Dans la diagonale entre le passé et le futur, les corps intègrent et déplacent les représentations. Ils ouvrent, par leurs gestes, un espace-temps de résistance. In a political scenography of standardisation of extreme violence, which is feature of the contemporary world, European nation-states propose migration policies elaborated within the framework of a regime of sovereignty that has the power to expose people in exile to death. Caught in a logic of cruelty, the foreigner is stopped in spaces where the spectral presence of death composes a form of violence that seeps into words and gestures. These spaces of uprootedness – these grey areas – open a wound in the body of the world. From the words of Ammar, a Syrian refugee who has crossed one of the grey areas of European migration policies – the border zone between Belarus and Poland – we will wonder about the cartographies of the shadow in which bodies in exile become battlefields. Between the mortifying assignment of a body to a space of confinement and the force unleashed by a body that resists, movements take place that produce unexpected realities. These movements - which testify about different ways of confronting the world – can compose political actions created by the bodies and gestures of people in exile. It is a question of finding the blind spot of power through the movement of the body, through the gestures that redraw time. In the diagonal between the past and the future, bodies integrate and displace representations. Through their gestures, they open up a space-time of resistance. En una escenografía política de normalización de la violencia extrema, característica del mundo contemporáneo, los Estados-nación europeos proponen políticas migratorias elaboradas en el marco de un régimen de soberanía que tiene el poder de exponer a la muerte las personas en exilio. Tomado en una lógica de crueldad, el extranjero está inmovilizado en los espacios de excepción donde la presencia espectral de la muerte compone una forma de violencia que se infiltra en las palabras y los gestos. Estos espacios de desarraigo – estas zonas grises – abren una herida en el cuerpo del mundo. En palabras de Ammar, refugiado sirio que atravesó una de las zonas grises de las políticas migratorias europeas – la zona fronteriza entre Bielorrusia y Polonia – pensaremos las cartografías de la sombra en las cuales los cuerpos en exilio se vuelven campos de batalla. Entre la asignación mortífera de un cuerpo a un espacio de encierro y la fuerza desencadenada por un cuerpo que resiste, se operan movimientos que producen realidades inesperadas. Estos movimientos, que dan testimonio de distintos modos de confrontarse con el mundo, pueden componer acciones políticas creadas por los cuerpos y los gestos de las personas en exilio. Se trata de encontrar el punto ciego de los poderes a través del movimiento del cuerpo, y los gestos que redibujan el tiempo. En la diagonal entre el pasado y el futuro, los cuerpos integran y desplazan las representaciones. Abren, con sus gestos, un espacio-tiempo de resistencia. Numa cenografia política de normalização da violência extrema, característica do mundo contemporâneo, os Estados-nação europeus propõem políticas migratórias elaboradas no quadro de um regime de soberania que tem o poder de expor à morte as pessoas em exílio. Sob uma lógica de crueldade, o estrangeiro é imobilizado em espaços de exceção nos quais a presença espectral da morte constitui uma forma de violência que se infiltra nas palavras e nos gestos. Estes espaços de desenraizamento – zonas cinzentas – abrem uma ferida no corpo do mundo. A partir das palavras de Ammar, refugiado sírio que atravessou uma das zonas cinzentas das políticas migratórias europeias – a zona fronteiriça entre a Bielorrússia e a Polónia – procura-se pensar as cartografias da sombra nas quais os corpos em exílio se tornam campos de batalha. Entre a ligação mortífera de um corpo a um espaço de confinamento e a força desencadeada por um corpo que resiste, acontecem movimentos que produzem realidades inesperadas. Esses movimentos – que testemunham diferentes formas de enfrentar o mundo – podem compor ações políticas criadas pelos corpos e pelos gestos das pessoas em exílio. Trata-se de encontrar o ângulo morto do poder através do movimento do corpo, através dos gestos que desenham o tempo. Na diagonal entre o passado e o futuro, os corpos integram e deslocam as representações. Através dos seus gestos, eles abrem um espaço-tempo de resistência. Cairn free access