La nouvelle désinflation compétitive européenne

RésuméLa stratégie économique actuelle de l’Allemagne n’est qu’une variante de la « désinflation compétitive » qu’en d’autres temps la France a mise en œuvre, avatar des stratégies non coopératives qui, depuis les premiers pas du processus d’unification monétaire européen, ont pesé, faute d’institut...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Authors: Creel, Jérôme, Le Cacheux, Jacques
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2006
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-REOF_098_07
record_format cairn
spelling cairn-REOF_098_07REOFRevue de l'OFCE https://shs.cairn.info/revue-de-l-ofce-2006-3-page-7?lang=fr https://doi.org/10.3917/reof.098.07 La nouvelle désinflation compétitive européenne Creel, JérômeLe Cacheux, Jacques2006 fre Revue de l'OFCE | 98 | 3 | 2006-08-21 | p. 7-36 | 1265-9576 REOF_09844 RésuméLa stratégie économique actuelle de l’Allemagne n’est qu’une variante de la « désinflation compétitive » qu’en d’autres temps la France a mise en œuvre, avatar des stratégies non coopératives qui, depuis les premiers pas du processus d’unification monétaire européen, ont pesé, faute d’institutions communes ou de mécanismes de coordination adéquats, sur les performances économiques de l’UE. L’élargissement, qui a considérablement accru le nombre de membres et affaibli les instances de coordination risque de conforter ces tentations opportunistes des États membres. Elles prennent, au sein de l’Union monétaire, des formes nouvelles, parce que les instruments dont disposent les gouvernements nationaux ne sont plus les mêmes : aux « dévaluations compétitives », désormais impossibles dans le cadre de l’Union monétaire, les gouvernements nationaux ont substitué d’autres moyens ; la concurrence fiscale, le dumping social, les politiques de modération salariale, etc., apparaissent comme des outils de « désinflation compétitive », améliorant les coûts relatifs de production. Ainsi, la baisse des coûts relatifs allemands est désormais substantielle, en particulier par rapport à certaines économies du Sud de l’Europe. Mais notre analyse suggère que la stratégie allemande risque d’être moins efficace que les expériences similaires menées dans de « petites économies ouvertes ».Deux hypothèses permettent d’éclairer l’adoption, par l’Allemagne, d’une stratégie de désinflation compétitive. La première met l’accent sur les implications macroéconomiques et distributives d’un éventuel changement des modes de financement privé en Allemagne, notamment en matière d’évolution du rapport de forces entre salariés et détenteurs du capital, sous l’influence grandissante des marchés financiers. La seconde hypothèse concerne le régime de croissance de l’Allemagne et son mode d’insertion dans l’économie mondiale : l’Allemagne et les autres économies européennes peuvent-elles compter, grâce à leurs spécificités ou à des politiques bien conçues d’encouragement à l’innovation, sur des aspects « hors prix » de la compétitivité ?Germany’s current economic strategy is a variant of the so-called ‘competitive disinflation’ that France pursued in the late 1980s’. It is but one in a large array of non-cooperative strategies that EU countries have individually chosen to implement since the beginning of the monetary unification process, for lack of adequate common institutions that could foster coordination. Because competitive devaluations are no longer possible within the Euro zone, member states resort to various modes of competitive disinflation (wage moderation, tax competition, social dumping, etc.). The question raised by Germany’s strategy, that mimics that of smaller countries, is its effectiveness: we show that the composition of German economic growth is very different from that of smaller European countries. We conclude by discussing to hypotheses that may motivate Germany’s current policy choices. JEL Codes: E01, F43, O52.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description RésuméLa stratégie économique actuelle de l’Allemagne n’est qu’une variante de la « désinflation compétitive » qu’en d’autres temps la France a mise en œuvre, avatar des stratégies non coopératives qui, depuis les premiers pas du processus d’unification monétaire européen, ont pesé, faute d’institutions communes ou de mécanismes de coordination adéquats, sur les performances économiques de l’UE. L’élargissement, qui a considérablement accru le nombre de membres et affaibli les instances de coordination risque de conforter ces tentations opportunistes des États membres. Elles prennent, au sein de l’Union monétaire, des formes nouvelles, parce que les instruments dont disposent les gouvernements nationaux ne sont plus les mêmes : aux « dévaluations compétitives », désormais impossibles dans le cadre de l’Union monétaire, les gouvernements nationaux ont substitué d’autres moyens ; la concurrence fiscale, le dumping social, les politiques de modération salariale, etc., apparaissent comme des outils de « désinflation compétitive », améliorant les coûts relatifs de production. Ainsi, la baisse des coûts relatifs allemands est désormais substantielle, en particulier par rapport à certaines économies du Sud de l’Europe. Mais notre analyse suggère que la stratégie allemande risque d’être moins efficace que les expériences similaires menées dans de « petites économies ouvertes ».Deux hypothèses permettent d’éclairer l’adoption, par l’Allemagne, d’une stratégie de désinflation compétitive. La première met l’accent sur les implications macroéconomiques et distributives d’un éventuel changement des modes de financement privé en Allemagne, notamment en matière d’évolution du rapport de forces entre salariés et détenteurs du capital, sous l’influence grandissante des marchés financiers. La seconde hypothèse concerne le régime de croissance de l’Allemagne et son mode d’insertion dans l’économie mondiale : l’Allemagne et les autres économies européennes peuvent-elles compter, grâce à leurs spécificités ou à des politiques bien conçues d’encouragement à l’innovation, sur des aspects « hors prix » de la compétitivité ?
author Creel, Jérôme
Le Cacheux, Jacques
spellingShingle Creel, Jérôme
Le Cacheux, Jacques
La nouvelle désinflation compétitive européenne
author_facet Creel, Jérôme
Le Cacheux, Jacques
author_sort Creel, Jérôme
title La nouvelle désinflation compétitive européenne
title_short La nouvelle désinflation compétitive européenne
title_full La nouvelle désinflation compétitive européenne
title_fullStr La nouvelle désinflation compétitive européenne
title_full_unstemmed La nouvelle désinflation compétitive européenne
title_sort la nouvelle désinflation compétitive européenne
publishDate 2006
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-de-l-ofce-2006-3-page-7?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/reof.098.07
_version_ 1877246502664929280