L’économie sociale à la croisée de ses relations avec l’État

Le développement de l’entrepreneuriat social, dans son acception dominante d’origine anglo-saxonne (social entrepreneurship), divise parmi ceux qui défendent une pluralité des formes d’entreprendre : peut-il (re)dynamiser le secteur de l’ESS, ou bien s’agit-il d’une énième réinvention du capitalisme...

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Hoofdauteurs: Malo, Marie-Claire, Camus, Annie
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2021
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id cairn-RECMA_361_0113
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spelling cairn-RECMA_361_0113RECMARECMA https://shs.cairn.info/revue-recma-2021-3-page-113?lang=fr https://doi.org/10.3917/recma.361.0113 L’économie sociale à la croisée de ses relations avec l’État Malo, Marie-ClaireCamus, Annie2021 fre RECMA | 361 | 3 | 2021-07-06 | p. 113-125 | 1626-1682 RECMA_36187 Le développement de l’entrepreneuriat social, dans son acception dominante d’origine anglo-saxonne (social entrepreneurship), divise parmi ceux qui défendent une pluralité des formes d’entreprendre : peut-il (re)dynamiser le secteur de l’ESS, ou bien s’agit-il d’une énième réinvention du capitalisme ? De telles positions gagnent à être étayées par des analyses contextualisées, ce que l’auteur réalise dans cet article à partir d’une enquête conduite au Maroc dans les années 2010, montrant que l’entrepreneuriat social y a d’emblée été bien plus proche du modèle porté par la start-up que de celui de l’entreprise sociale. Les « entrepreneurs sociaux » marocains témoignent ainsi d’une vision peu critique du capitalisme, bien que la recherche d’utilité sociale soit au cœur de leur engagement. Si, paradoxalement, cela participe à la marginalisation des structures de l’ESS, cet attrait pour le « social » pourrait être favorable à l’émergence de pratiques plus solidaires.The rise of social entrepreneurship, which originated as a concept in the Anglo-American sphere, has led to division among advocates for more diverse forms of entrepreneurship: Can social entrepreneurship (re)energize the SSE sector? Or is it merely another repackaging of capitalism? Both positions are better understood through contextualized analyses, which the author provides based on a survey conducted in Morocco in the 2010s. This survey shows that, in this context, social entrepreneurship was immediately more strongly associated with the start-up model than with the social enterprise model. Moroccan “social entrepreneurs” also reported having relatively uncritical views of capitalism, even though their efforts were built around providing social utility. While it has paradoxically marginalized some SSE structures, this focus on “social” aspects could lead to the emergence of new, more solidarity-oriented practices.El desarrollo del empresariado social, según la acepción anglosajona dominante (social entrepreneurship), divide a los que defienden una pluralidad de las formas de emprender: ¿está en situación de (re)dinamizar el sector de la ESS, o bien se trata de una enésima reinvención del capitalismo? Tales posiciones deben ser documentadas por análisis contextualizadas. Es lo que el autor realiza en este artículo, a partir de una investigación conducida en Marruecos, en los años 2010, mostrando que el empresariado social fue allá más cercano del modelo de la empresa start-up que de aquel de la empresa social. Los “empresarios sociales” marroquíes testimonian así de una visión poco crítica del capitalismo, si bien la búsqueda de utilidad social está al centro de su compromiso. Si, de manera paradójica, esto contribuye a marginalizar las estructuras de la ESS, esta atracción por lo “social” podría favorecer la emergencia de prácticas más solidarias.Cairn free access
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