Promesse oblige
La promesse et l’échange des promesses, en tant qu’actes de langage performatifs, sont l’un des propres de l’homme. C’est aussi l’une des sources possibles du « soi », puisque l’on « apprend à être un soi » (Popper). S’engager envers autrui, c’est toujours autolimiter publiquement sa liberté, et ras...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2018
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RDM_050_0227RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2017-2-page-227?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.050.0227 Promesse oblige Boyer, Alain2018 fre Revue du MAUSS | 50 | 2 | 2018-02-02 | p. 227-240 | 1247-4819 RDM_05062 La promesse et l’échange des promesses, en tant qu’actes de langage performatifs, sont l’un des propres de l’homme. C’est aussi l’une des sources possibles du « soi », puisque l’on « apprend à être un soi » (Popper). S’engager envers autrui, c’est toujours autolimiter publiquement sa liberté, et rassurer les autres sur ses intentions. C’est un vrai don à autrui d’une part de souveraineté sur mes actions (don mutuel dans le cas des pactes, dont la règle de justice est la réciprocité). C’est diminuer quelque peu l’incertitude de l’avenir ouvert. Le domaine des promesses est pour ainsi dire « dominé » par un adage latin, commenté par Cicéron : Pacta (et promissa) sunt servanda. Telle la noblesse, « promesse oblige ». La promesse et les pactes contribuent à introduire de la confiance entre les personnes, et il n’y a pas de société ni d’économie possibles sans un minimum de confiance mutuelle. L’hypothèse ici soutenue est même que la promesse pourrait bien être « la mère de toutes les normes ». Promising and the exchange of promises, as performative speech acts, are something like a characteristic of man, or proper to man. They are also one of the possible sources of the “Self,” since one “has to learn to be a Self” (Popper). To commit myself to somebody else is equivalent to limiting publicly my own liberty, and that action reassures the other about my intentions. I freely give to the other a part of sovereignty on my future actions. It involves diminishing a little the uncertainty of our common open future. The domain of promising and other acts of the same kind is, so to speak, and as usual, governed by a Latin adage, lengthily commented on by Cicero: Pacta (et promissa) sunt servanda. As for Noblesse, according to the old-fashioned French proverb, I would say: Promesse oblige. Promises and covenants help to generate trust between persons, and there is no society and no economic life without at least some mutual trust or confidence. The general conjecture here proposed is that the PSS principle could even be the first, “the mother of all (social) norms”.Cairn free access |
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La promesse et l’échange des promesses, en tant qu’actes de langage performatifs, sont l’un des propres de l’homme. C’est aussi l’une des sources possibles du « soi », puisque l’on « apprend à être un soi » (Popper). S’engager envers autrui, c’est toujours autolimiter publiquement sa liberté, et rassurer les autres sur ses intentions. C’est un vrai don à autrui d’une part de souveraineté sur mes actions (don mutuel dans le cas des pactes, dont la règle de justice est la réciprocité). C’est diminuer quelque peu l’incertitude de l’avenir ouvert. Le domaine des promesses est pour ainsi dire « dominé » par un adage latin, commenté par Cicéron : Pacta (et promissa) sunt servanda. Telle la noblesse, « promesse oblige ». La promesse et les pactes contribuent à introduire de la confiance entre les personnes, et il n’y a pas de société ni d’économie possibles sans un minimum de confiance mutuelle. L’hypothèse ici soutenue est même que la promesse pourrait bien être « la mère de toutes les normes ». |
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