Donner des mots et des choses. De Mauss à Hobbes (et retour)

Dans ce chapitre XV ( Chose promise. Étude sur la promesse à partir de Hobbes et quelques autres, PUF, 2014), l’hypothèse selon laquelle la promesse et ses avatars sont au cœur du lien social est confrontée, trop rapidement, aux analyses classiques du grand Essai sur le don de Mauss. Le don maussie...

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Hovedforfatter: Boyer, Alain
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2018
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RDM_050_0085
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spelling cairn-RDM_050_0085RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2017-2-page-85?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.050.0085 Donner des mots et des choses. De Mauss à Hobbes (et retour) Boyer, Alain2018 fre Revue du MAUSS | 50 | 2 | 2018-02-02 | p. 85-92 | 1247-4819 RDM_05050 Dans ce chapitre XV ( Chose promise. Étude sur la promesse à partir de Hobbes et quelques autres, PUF, 2014), l’hypothèse selon laquelle la promesse et ses avatars sont au cœur du lien social est confrontée, trop rapidement, aux analyses classiques du grand Essai sur le don de Mauss. Le don maussien n’est pas un don « gratuit », ni un commerce marchand, c’est un système complexe d’obligations sociales. On essaie de montrer que les riches et profondes analyses de Mauss, y compris sur le potlatch, ne s’opposent pas tant que cela à certains éléments de la pensée de Hobbes telle que nous l’avons interprétée. Il s’agit selon Mauss, plus généralement, de « substituer l’alliance, le don et le commerce à la guerre, l’isolement et la stagnation », trois termes qui ne peuvent pas ne pas évoquer la phrase la plus célèbre du Léviathan (« and the life of man is solitary, poor, nasty, brutish and short »), décrivant l’état de nature. C’est dans ce monde de petites sociétés sans État que l’échange non marchand décrit par Mauss sous le titre de « don/contre-don » peut avoir lieu, pour créer des solidarités, sans que la valeur de la « vaine gloire » mise en évidence par Hobbes en soit du tout absente. Une moindre vexation, et c’est à nouveau la guerre. Quoi qu’il en soit, le don maussien peut être interprété comme une espèce du genre « pacte ». In this chapter XV ( Chose promise. Étude sur la promesse à partir de Hobbes et quelques autres, PUF, Paris, 2014), our so-called PSS ( Pacta sunt servanda) hypothesis is (modestly) confronted with the famous Essai sur le don. The Maussian gift is not a “free gift,” and nevertheless is not a real trade either, but a complex system of social obligations. I try to show that Mauss’s deep analyses are perhaps not so different from some things Hobbes had to say. The question is always, according to Mauss, to “substitute alliance (my emphasis), gifts, and commerce for war, isolation, and stagnation.” These three words are likely to evoke for us the most famous sentence of the Leviathan: “and the life of man is solitary, poor, nasty, brutish and short,” about the state of nature. In this world of small societies without any state, the non-market system of exchanges that Mauss called “gift and counter-gift” can take place, to give rise to alliances, but in agreement with the weight given by Hobbes to the blazing passion of “vain glory:” “Glory maketh men invade for trifles, as a word, a smile, a different opinion, and any other sign of undervalue” (still in Lv, ch. 13). Anyway, the Maussian gift could be interpreted as a species of the more generic concept of a pact. Cairn free access
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