Émanciper le travail : une utopie périmée ?
Cet article part du constat que le renouveau des pensées de l'émancipation se fait généralement au détriment du travail. Alors que le mouvement ouvrier avait cherché à donner une expression théorique et politique au souhait de travailler non pas seulement moins, mais aussi dans des conditions p...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2016
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RDM_048_0151RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2016-2-page-151?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.048.0151 Émanciper le travail : une utopie périmée ? Renault, Emmanuel2016 fre Revue du MAUSS | 48 | 2 | 2016-11-10 | p. 151-164 | 1247-4819 RDM_04827 Cet article part du constat que le renouveau des pensées de l'émancipation se fait généralement au détriment du travail. Alors que le mouvement ouvrier avait cherché à donner une expression théorique et politique au souhait de travailler non pas seulement moins, mais aussi dans des conditions plus justes et plus libres, l'émancipation est généralement pensée aujourd'hui ou bien contre le travail, ou bien à côté du travail. Dans une première partie, on s'interroge sur les présuppositions et les implications de ce refus de prendre en charge ce qui reste pourtant, aujourd'hui encore, l'une des sources du souhait utopique d'un monde meilleur : l'espoir de pouvoir travailler de manière plus satisfaisante. Dans une seconde partie, on cherche à reconstruire les processus qui ont conduit la gauche, de ses versions les plus réformistes à ses versions les plus anticapitalistes, à abandonner la critique transformative du travail et à laisser l'utopie du travail aux discours managériaux, en se rendant ainsi incapable d'affronter les défis politiques (dont la « loi travail » donne une illustration récente) posés par les transformations néolibérales du travail.This article departs from the observation that the renewal of emancipation theory is generally made to the detriment of work. While the workers movement sought to give expression to the theoretical and political wishes of workers to not only work less, but also to work under free and just conditions, today emancipation is generally thought to be against work, or as an aside to work. Firstly we question the presupposition and the implication of the refusal to take into account what once was, and still is today, one of the greatest wishes for a better, more utopic world: the desire to work in a more satisfying way. Secondly, we sought to reconstruct the processes instituted by the left, from their most reformist versions to their most anti-capitalist, to abandoning the transformative critique of work and to leaving the idea of utopia at work to the managerial discourse, while leaving ourselves incapable of confronting the political challenges (the most recent illustration being that of the “loi travail”) posed by the neoliberal transformations of work.Cairn free access |
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Cet article part du constat que le renouveau des pensées de l'émancipation se fait généralement au détriment du travail. Alors que le mouvement ouvrier avait cherché à donner une expression théorique et politique au souhait de travailler non pas seulement moins, mais aussi dans des conditions plus justes et plus libres, l'émancipation est généralement pensée aujourd'hui ou bien contre le travail, ou bien à côté du travail. Dans une première partie, on s'interroge sur les présuppositions et les implications de ce refus de prendre en charge ce qui reste pourtant, aujourd'hui encore, l'une des sources du souhait utopique d'un monde meilleur : l'espoir de pouvoir travailler de manière plus satisfaisante. Dans une seconde partie, on cherche à reconstruire les processus qui ont conduit la gauche, de ses versions les plus réformistes à ses versions les plus anticapitalistes, à abandonner la critique transformative du travail et à laisser l'utopie du travail aux discours managériaux, en se rendant ainsi incapable d'affronter les défis politiques (dont la « loi travail » donne une illustration récente) posés par les transformations néolibérales du travail. |
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