La nature sur mesure
Cet article, qui mêle matériaux ethnographiques et apports philosophiques, propose une critique du processus de marchandisation de la solidarité entre les entités du monde. Le projet moderne repose sur la pratique de la mesure : l’intention est de rendre tout mesurable. Ainsi, ce que l’on reçoit de...
Na minha lista:
| Autor principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2013
|
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
cairn-RDM_042_0191 |
|---|---|
| record_format |
cairn |
| spelling |
cairn-RDM_042_0191RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2013-2-page-191?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.042.0191 La nature sur mesure Merveille, Nicolas2013 fre Revue du MAUSS | 42 | 2 | 2013-12-01 | p. 191-201 | 1247-4819 RDM_04238 Cet article, qui mêle matériaux ethnographiques et apports philosophiques, propose une critique du processus de marchandisation de la solidarité entre les entités du monde. Le projet moderne repose sur la pratique de la mesure : l’intention est de rendre tout mesurable. Ainsi, ce que l’on reçoit de la nature n’est pas ce qu’elle nous donne puisque notre modalité d’appréciation de ce qui nous est offert respecte la logique de la rationalité comptable qui gouverne désormais la dynamique des relations hommes-milieux. La névrose contemporaine de la quantification monétaire de ce qui circule entre humains et non-humains nous a donc éloignés d’un tout autre projet, qui aurait été de qualifier la nature des liens qui nous unissent au devenir terrien. En substituant la quantité à la qualité, dans des pseudo-programmes d’administration des relations socioécologiques, nous avons renoncé à la valeur du cadeau offert pour ne plus considérer que la quantité de ce qu’il a fallu et faudrait débourser pour réaliser et maintenir le service fourni. Au cœur de cette problématique, est critiquée également la notion d’utilité, puisque ce qui est jugé utile ou non à préserver dépend des instruments de mesure. Nature Made to Measure This article combines ethnographic material and philosophical discussion to propose a critique of the commoditization process of solidarity. The modern project involves the practice of measure guided by the intention to make everything measurable. Hence what we receive from nature is not what it gives to us since our appreciation of this is cast within the logics of economic rationality. The contemporary neurosis of monetary quantification has drawn us ever further from another project which would have consisted in the qualification of the relations that unite us to the future of the planet. By substituting quantity to quality, we have renounced to valuing the gift offered and have considered instead only the quantity needed to realise and maintain the provision of a service. This approach leads to a critique of the notion of utility, since if we define what needs to be preserved in terms of utility, then what needs to be preserved is to a large extent determined by these instruments of measure.Cairn free access |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/Cairn/ |
| description |
Cet article, qui mêle matériaux ethnographiques et apports philosophiques, propose une critique du processus de marchandisation de la solidarité entre les entités du monde. Le projet moderne repose sur la pratique de la mesure : l’intention est de rendre tout mesurable. Ainsi, ce que l’on reçoit de la nature n’est pas ce qu’elle nous donne puisque notre modalité d’appréciation de ce qui nous est offert respecte la logique de la rationalité comptable qui gouverne désormais la dynamique des relations hommes-milieux. La névrose contemporaine de la quantification monétaire de ce qui circule entre humains et non-humains nous a donc éloignés d’un tout autre projet, qui aurait été de qualifier la nature des liens qui nous unissent au devenir terrien. En substituant la quantité à la qualité, dans des pseudo-programmes d’administration des relations socioécologiques, nous avons renoncé à la valeur du cadeau offert pour ne plus considérer que la quantité de ce qu’il a fallu et faudrait débourser pour réaliser et maintenir le service fourni. Au cœur de cette problématique, est critiquée également la notion d’utilité, puisque ce qui est jugé utile ou non à préserver dépend des instruments de mesure. |
| author |
Merveille, Nicolas |
| spellingShingle |
Merveille, Nicolas La nature sur mesure |
| author_facet |
Merveille, Nicolas |
| author_sort |
Merveille, Nicolas |
| title |
La nature sur mesure |
| title_short |
La nature sur mesure |
| title_full |
La nature sur mesure |
| title_fullStr |
La nature sur mesure |
| title_full_unstemmed |
La nature sur mesure |
| title_sort |
la nature sur mesure |
| publishDate |
2013 |
| container_title |
|
| container_issue |
|
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2013-2-page-191?lang=fr https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rdm.042.0191 |
| _version_ |
1877246453981642752 |