Naarjuk (Gros-ventre), l'enfant-géant, maître du cosmos (Sila). Que donne-t-il aux Inuit, et qu'en reçoit-il ?

Il y a cent-dix ans, Marcel Mauss consacrait son enseignement aux Inuit, notamment ceux du Canada, alors chasseurs-cueilleurs, animistes et semi-nomades, chez qui le cycle dualiste des saisons marquait la vie sociale, économique et morale. Il parlait à leur sujet de « communisme primitif ». Cette u...

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Bibliographic Details
Main Author: Saladin d’Anglure, Bernard
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2013
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Il y a cent-dix ans, Marcel Mauss consacrait son enseignement aux Inuit, notamment ceux du Canada, alors chasseurs-cueilleurs, animistes et semi-nomades, chez qui le cycle dualiste des saisons marquait la vie sociale, économique et morale. Il parlait à leur sujet de « communisme primitif ». Cette utopie du XIXe siècle, qui le fascinait, faisait pendant à la montée de l’individualisme et du capitalisme, lesquels, aujourd’hui, dominent le monde et, a fortirori, les Inuit ; car l’Occident a désormais une emprise sur leurs corps (médecine), leurs esprits (éducation), leur spiritualité (religions du Livre, rejet du chamanisme) et leurs ressources naturelles (multinationales). Face au risque de désintégration de ce peuple (suicide des jeunes, abus de psychotropes...) et de ses valeurs, je propose d’inverser le regard sur lui, en montrant que sa cosmologie et sa pensée, loin d’être irrationnelles, rejoignent de façon intuitive et empirique les découvertes récentes des neurosciences et de l’astrophysique. L’Occident devrait s’en inspirer pour repenser ses problèmes de société.