Le « troisième genre »

Ce texte décrit les avancées théoriques réalisées depuis les travaux de Margaret Mead (1930), dans la conceptualisation des catégories sociales de sexe. Il montre comment, à partir des années 1970, le féminisme en a fait un objet de recherche scientifique et d’action sociale débouchant, principalem...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Saladin d’Anglure, Bernard
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2012
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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description Ce texte décrit les avancées théoriques réalisées depuis les travaux de Margaret Mead (1930), dans la conceptualisation des catégories sociales de sexe. Il montre comment, à partir des années 1970, le féminisme en a fait un objet de recherche scientifique et d’action sociale débouchant, principalement dans les pays anglo-saxons, sur les études du genre. Il s’appuie enfin sur les recherches ethnographiques de l’auteur chez les Inuit canadiens, depuis 1960. Ces recherches l’ont conduit à s’associer avec ceux qui préconisent de sortir du binarisme pour étudier le sexe social. Il faudrait adopter une approche ternaire afin d’y intégrer les trop nombreuses exceptions très souvent laissées pour compte dans les ethnographies classiques. L’auteur propose de construire un modèle cosmologique à trois niveaux : celui, infrahumain du fœtus, susceptible selon les Inuit de changer de sexe ; – le niveau humain, avec le travestissement de l’enfant quand son sexe diffère de celui de l’ancêtre qu’il réincarne, ou quand le sex-ratio familial est déficitaire ; – le niveau supra-humain, avec le travestissement du ou de la chamane, quand leur esprit auxiliaire appartient à l’autre genre. Le troisième genre exprime donc le chevauchement de la frontière des genres à chaque niveau. L’auteur suggère de prendre en compte les conceptions tierces du genre, reconnues dans plusieurs sociétés traditionnelles, afin de reconsidérer les catégories sociales de sexe dans nos sociétés historiques et contemporaines, à l’aide aussi du concept d’« atome familial » et des pratiques sociales, plutôt que des normes religieuses, juridiques ou économiques. Il s’étonne enfin du silence apparent de l’anthropologie sociale et de la sociologie face au détournement de sens donné au concept de genre par le mouvement Queer californien qui le vide de son contenu social, pour en faire une expression du désir individuel et de l’orientation sexuelle, inspiré, selon Butler, par les « French philosophers ».
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