La subjectivation à l'épreuve de la partition individuel-collectif
Le sujet n’est jamais donné, il est toujours le produit d’un processus historique de constitution (ou processus de subjectivation). La question posée ici est de savoir si l’opposition de l’individuel et du collectif est pertinente relativement à la différence des formes de subjectivation. Pour en d...
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| Idioma: | Français |
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2011
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cairn-RDM_038_0235RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2011-2-page-235?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.038.0235 La subjectivation à l'épreuve de la partition individuel-collectif Dardot, Pierre2011 fre Revue du MAUSS | 38 | 2 | 2011-11-01 | p. 235-258 | 1247-4819 RDM_03898 Le sujet n’est jamais donné, il est toujours le produit d’un processus historique de constitution (ou processus de subjectivation). La question posée ici est de savoir si l’opposition de l’individuel et du collectif est pertinente relativement à la différence des formes de subjectivation. Pour en décider, il convient de prêter attention aux deux figures que peut prendre le collectif : la première est celle du collectif comme « collection » ou comme « ensemble », la seconde celle du collectif comme tout intégratif supérieur à ses parties, ou encore comme être collectif. La gouvernementalité néolibérale opère tout à la fois par totalisation et individualisation, sa formule est celle du gouvernement de tous par le gouvernement de chacun. Elle produit par là non une simple sommation d’éléments extérieurs, mais une collection organisée par la mise en œuvre de multiples techniques de pouvoir individualisantes (la « population »). Aussi serait-il vain d’opposer à une telle forme de subjectivation une valorisation de l’individu ou, à l’opposé, une célébration du tout comme être supérieur. Il s’agit d’échapper à l’alternative « collection ou être collectif » en pensant la constitution d’un collectif de singularités dans et par l’agir commun. Subjectivation Subjected to the Individual/Collective Division Test The subject is never a given, it is always the product of a history-binded constitutive – or subjectivation – process. The question here asked is whether the individual/collective division is pertinent with respect to the different forms of subjectivation. The collective is represented by two figures : the first one is the collection or sum of its parts ; the second is an integrative whole which is superior and qualitatively different from these parts. Neoliberal governance, it is argued, both totalizes and individualizes. It is the government of all by the government of ‘every one’. It therefore produces more than the sum of its elements – a collection organized by the implementation of multiple individualizing techniques of power. It is incidentally useless to oppose to such a form of subjectivation a valorisation of the individual or, on the opposite, a celebration of the whole as a superior mode of being. Avoiding the ‘collection or collective’ alternative is made possible by thinking the constitution of a collective of singularities through common action.Cairn free access |
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Le sujet n’est jamais donné, il est toujours le produit d’un processus historique de constitution (ou processus de subjectivation). La question posée ici est de savoir si l’opposition de l’individuel et du collectif est pertinente relativement à la différence des formes de subjectivation. Pour en décider, il convient de prêter attention aux deux figures que peut prendre le collectif : la première est celle du collectif comme « collection » ou comme « ensemble », la seconde celle du collectif comme tout intégratif supérieur à ses parties, ou encore comme être collectif. La gouvernementalité néolibérale opère tout à la fois par totalisation et individualisation, sa formule est celle du gouvernement de tous par le gouvernement de chacun. Elle produit par là non une simple sommation d’éléments extérieurs, mais une collection organisée par la mise en œuvre de multiples techniques de pouvoir individualisantes (la « population »). Aussi serait-il vain d’opposer à une telle forme de subjectivation une valorisation de l’individu ou, à l’opposé, une célébration du tout comme être supérieur. Il s’agit d’échapper à l’alternative « collection ou être collectif » en pensant la constitution d’un collectif de singularités dans et par l’agir commun. |
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