Dépendance et émancipation : retour sur Mannoni

Cet article* propose une relecture de l’important ouvrage d’Octave Mannoni, Psychologie de la colonisation, paru en 1950. La démarche se décompose en deux temps. Dans un premier temps, l’ouvrage de Mannoni est contextualisé par un travail historiographique aussi fin que possible sur les conditions...

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Auteur principal: Vatin, François
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
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spelling cairn-RDM_038_0131RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2011-2-page-131?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.038.0131 Dépendance et émancipation : retour sur Mannoni Vatin, François2011 fre Revue du MAUSS | 38 | 2 | 2011-11-01 | p. 131-148 | 1247-4819 RDM_03891 Cet article* propose une relecture de l’important ouvrage d’Octave Mannoni, Psychologie de la colonisation, paru en 1950. La démarche se décompose en deux temps. Dans un premier temps, l’ouvrage de Mannoni est contextualisé par un travail historiographique aussi fin que possible sur les conditions de son écriture et de sa réception en son temps. Il s’agit de dégager sa lecture des scories, produit de l’histoire coloniale et néo-coloniale encore vive, qui ont conduit à un fréquent contresens sur ce texte, souvent présenté comme une défense du colonialisme au nom de la psychanalyse, alors même que l’engagement anticolonialiste de Mannoni est indiscutable. Ce premier travail accompli, il devient possible de décontextualiser le texte pour mettre en évidence son originalité et son importance pour une théorie du don et, plus généralement, pour penser les relations possibles entre psychanalyse et sciences sociales. Cet ouvrage apparaît alors comme la critique la plus virulente qui soit du colonialisme, dont elle atteint au cœur toute légitimation comme « don de civilisation », mais aussi comme une source d’inspiration possible, dans de multiples champs d’analyse, pour penser des relations sociales de domination qui ne se réduisent pas à une « exploitation » au sens de la vulgate marxiste. * Déjà publié dans son intégralité dans l’édition numérique de la Revue du MAUSS semestrielle n? 37, 1er semestre 2011. Octave Mannoni (1899-1989) and his Psychologie de la colonisation. Contextualization et de-contextualization This article* proposes a refreshed interpretation of Octave Mannoni’s important work Psychologie de la colonisation (Psychology of Colonization) published in 1950. The approach is twofold. First, Mannoni’s work is contextualized through a meticulous historiographical account of the conditions of his writing and reception. This is necessary in order to free our interpretation from the dregs which led to a frequent misunderstanding regarding this text, certainly a product of the sensitivities surrounding recent colonial and neo-colonial history, as being a defence of colonialism in the name of psychoanalysis in the sensitive, even though Mannoni’s anti-colonialist commitments are unquestionable. This being accomplished, it is then possible to de-contextualize the text in order to highlight its originality and importance for gift theory and, more generally, for thinking the possible relations between psychoanalysis and social sciences. This work thus appears as formulating the most virulent critique possible of colonialism, of which it mortally wounds its legitimizations as being a ‘gift of civilization’. But also as a source of inspiration, within multiple fields of analysis, for thinking social relations of domination in a way that does not reduce them to being ‘exploitation’ in the sense of the marxist vulgate. * Published a first time in the Revue du MAUSS semestrielle n? 37, Digital Edition, 1er semestre 2011.Cairn free access
language Français
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