Octave Mannoni (1899-1989) et sa Psychologie de la colonisation. Contextualisation et décontextualisation

Cet article propose une relecture de l’important ouvrage d’Octave Mannoni, Psychologie de la colonisation, paru en 1950. La démarche se décompose en deux temps. Dans un premier temps, l’ouvrage de Mannoni est contextualisé par un travail historiographique aussi fin que possible sur les conditions...

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Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Vatin, François
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2011
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:Cet article propose une relecture de l’important ouvrage d’Octave Mannoni, Psychologie de la colonisation, paru en 1950. La démarche se décompose en deux temps. Dans un premier temps, l’ouvrage de Mannoni est contextualisé par un travail historiographique aussi fin que possible sur les conditions de son écriture et de sa réception en son temps. Il s’agit de dégager sa lecture des scories, produit de l’histoire coloniale et néo-coloniale encore vive, qui ont conduit à un fréquent contresens sur ce texte, souvent présenté comme une défense du colonialisme au nom de la psychanalyse, alors même que l’engagement anticolonialiste de Mannoni est indiscutable. Ce premier travail accompli, il devient possible de décontextualiser le texte pour mettre en évidence son originalité et son importance pour une théorie du don et, plus généralement, pour penser les relations possibles entre psychanalyse et sciences sociales. Cet ouvrage apparaît alors comme la critique la plus virulente qui soit du colonialisme, dont elle atteint au cœur toute légitimation comme « don de civilisation », mais aussi comme une source d’inspiration possible, dans de multiples champs d’analyse, pour penser des relations sociales de domination qui ne se réduisent pas à une « exploitation » au sens de la vulgate marxiste.