Don, dépendance et reconnaissance
On trouvera sous ce titre, proposé par François Vatin, les premiers d’une série d’articles publiés en 1947-1948 par Octave Mannoni dans la revue Psyché sous le titre « Ébauche d’une psychologie coloniale ». Ces articles, repris et augmentés, fourniront sa Psychologie de la colonisation, parue en ...
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2011
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cairn-RDM_037_0121RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2011-1-page-121?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.037.0121 Don, dépendance et reconnaissance Mannoni, Octave2011 fre Revue du MAUSS | 37 | 1 | 2011-06-01 | p. 121-136 | 1247-4819 RDM_0373 On trouvera sous ce titre, proposé par François Vatin, les premiers d’une série d’articles publiés en 1947-1948 par Octave Mannoni dans la revue Psyché sous le titre « Ébauche d’une psychologie coloniale ». Ces articles, repris et augmentés, fourniront sa Psychologie de la colonisation, parue en 1950. Dans ce texte, Mannoni fournit le cadre général de son analyse de la perversion du don dans la « situation coloniale », celle de la rencontre entre l’Occidental, dont la psyché est caractérisée selon lui par le « complexe d’infériorité », mis en évidence par Adler, et le « primitif » (ici le Malgache), dont la psyché est caractérisée par un complexe symétrique, qu’il baptise « complexe de dépendance ». L’idée de « reconnaissance » est selon lui propre à la socialisation occidentale. Les Malgaches quant à eux, comme les « primitifs » étudiés par Lévy-Bruhl dont il s’inspire, n’auraient pas à reconnaître un « don » dans ce qu’ils perçoivent comme le produit d’un lien de dépendance. Les « relations coloniales » sont ainsi marquées par un grave quiproquo qui peut aller jusqu’au déclenchement de la violence dont témoignent l’insurrection malgache de 1947 et sa terrible répression. Gift, dependency and recognition This title proposed by François Vatin heads this reprise of the first of a series of articles originally published in 1947-48 by Octave Mannoni in the journal Psyché under the title ‘ Ébauche d’une psychologie coloniale’ (Sketches of a colonial psychology). These articles came to form the basis for his Psychologie de la colonisation (Psychology of colonisation) published in 1950. In these texts, Mannoni lays down the general template for his analysis of the perversion of the gift in the ‘colonial situation, ’ that of the meeting between the Western, whose psyche would be characterised by an ‘inferiority complex’ as defined by Adler, and the ‘primitive’ (here the Madagascan), whose psyche would be characterised by a symmetrical complex he named ‘dependency complex.’ For him the idea of ‘recognition’ was typical of Western socialization. Just as for those ‘primitives’ studied by Lévy-Bruhl from whom he gets some of his inspiration, the Madagascans do not have to recognize a ‘gift’ in what they perceive as the product of a relation of dependency. ‘Colonial relationships’ would thus be the product of a serious misunderstanding, with consequences as serious as the violence of the Madagascan insurrection of 1947 and its terrible repression.Cairn free access |
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On trouvera sous ce titre, proposé par François Vatin, les premiers d’une série d’articles publiés en 1947-1948 par Octave Mannoni dans la revue Psyché sous le titre « Ébauche d’une psychologie coloniale ». Ces articles, repris et augmentés, fourniront sa Psychologie de la colonisation, parue en 1950. Dans ce texte, Mannoni fournit le cadre général de son analyse de la perversion du don dans la « situation coloniale », celle de la rencontre entre l’Occidental, dont la psyché est caractérisée selon lui par le « complexe d’infériorité », mis en évidence par Adler, et le « primitif » (ici le Malgache), dont la psyché est caractérisée par un complexe symétrique, qu’il baptise « complexe de dépendance ». L’idée de « reconnaissance » est selon lui propre à la socialisation occidentale. Les Malgaches quant à eux, comme les « primitifs » étudiés par Lévy-Bruhl dont il s’inspire, n’auraient pas à reconnaître un « don » dans ce qu’ils perçoivent comme le produit d’un lien de dépendance. Les « relations coloniales » sont ainsi marquées par un grave quiproquo qui peut aller jusqu’au déclenchement de la violence dont témoignent l’insurrection malgache de 1947 et sa terrible répression. |
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