Anthropologie du don : à quoi jouent donc les sociétés archaïques ?
Un intérêt pour une approche théorique de l’anthropologie religieuse semble à nouveau se manifester ces dernières années. En développant certaines idées exposées dans le chapitre VI de L’Anthropologie du don d’Alain Caillé (Desclée de Brouwer, Paris, 2000), qui font implicitement référence au m...
Uloženo v:
| Hlavní autor: | |
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| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
2008
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Un intérêt pour une approche théorique de l’anthropologie religieuse semble
à nouveau se manifester ces dernières années. En développant certaines
idées exposées dans le chapitre VI de L’Anthropologie du don d’Alain Caillé
(Desclée de Brouwer, Paris, 2000), qui font implicitement référence au
moment agonistique de la culture magistralement mis en lumière par Johan
Huizinga (voir Homo ludens, paru en 1938), on s’est risqué ici à compléter
un cadre (jusqu’à ce jour seulement esquissé) qui permette d’interpréter
d’une façon suffisamment concrète et pertinente l’action sacrée (dons, rites
et sacrifices des sociétés archaïques). Celle-ci apparaît comme un jeu dont
les règles sont paradoxales et parfaitement déroutantes, notamment dans les
sacrifices rituels. En effet, vie et mort sont pour le sens commun et la plupart
du temps nettement opposés, tandis qu’ils ne sont pas des contraires au cours
du rite. Reste à comprendre maintenant ce que signifie proprement le rite si
on le replace dans la perspective de l’agôn et de la « rivalité agonistique ».
En relisant les classiques de l’ethnologie, on peut former l’hypothèse que les
rites doivent être interprétés comme une communication provoquante avec ce
qui n’est pas « humain », au travers d’une relation établie avec des espèces
naturelles ou leurs représentants. En suivant la piste agonistique indiquée par
Huizinga, il apparaît que cette communication prend le visage d’un défi ou
d’une provocation. L’hypothèse du moment agonistique dans le rituel semble
rendre compte du sens qui est accordé aux cérémonies et permet notamment
de comprendre pourquoi le meurtre en est un élément récurrent. |
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